Finance islamique: les solutions de crédit

18:15 - April 11, 2009
Code de l'info: 1763167
France(IQNA)- Les solutions de crédit de la finance islamique sont les extraits de l'intervention d'Houssen Issop-Mamode d'Acacia Finance dans le cadre d'une table ronde sur la finance islamique organisée par le CRCM le 31 mars dernier à l'Hôtel Bellepierre.
Est-il possible aujourd’hui, en France et à fortiori à La Réunion, pour un musulman, d'accéder à la propriété tout en restant fidèle à ses principes éthique et religieux ? C'est la question que beaucoup se posent.
Ce qu’il faut garder à l’esprit, est que le besoin de financement de la communauté musulmane de la Réunion est dans un premier temps simple et traditionnel : acquisition de la résidence principale et acquisition d’un véhicule. L’impératif : emprunter l’argent nécessaire à ces investissements sans avoir à payer d’intérêts.
Comment pourrait-on procéder ? Il est évident qu’il faut recourir à des structures juridiquement adaptées. La solution des fonds d’investissement se révèle lourde etcompliquée à mettre en œuvre au regard du montant et du type de besoins.
Des structures plus légères existent et nous devons chercher de quelle manière et dans quelle mesure elles répondent ou sont adaptables aux impératifs de la finance « islamique ».
Grâce aux travaux déjà menés et à la mise en œuvre de solutions d’investissement « Charia compatible » par une banque et une compagnie d’assurance, La Réunion apparaît aujourd’hui comme un laboratoire.
Par cette démarche la volonté n’est pas d’adopter un comportement communautariste mais plutôt de parvenir à un comportement bancaire et financier normalisé qui ferait la synthèse entre des impératifs religieux et le système légal, financier et fiscal français.
Dans l’immédiat il semble qu’une banque s’apprête à mettre en marché une solution en direction de la clientèle musulmane : HSBC, qui contrôle le CCF en France, proposerait courant 2009 une solution assimilée à un contrat de leasing dans lequel la banque achète le logement au nom de son client et le lui loue pour une période maximale de vingt-cinq ans, au terme de laquelle le client devient propriétaire, à un coût équivalant à celui d'un prêt hypothécaire traditionnel.
Aujourd’hui les banques se contentent, dans certains cas, de procéder à des manipulations sémantiques, substituant un mot à un autre (« loyer » au lieu d’«intérêt », par exemple) ou introduisant des étapes multiples dans un montage (rédaction de deux contrats au lieu d’un seul), pour tenter en apparence, de respecter les stipulations de la Charia.
Force est de constater également que dans les pays européens où il est mis en œuvre, au final le prêt sans intérêt correspondant aux principes de la Charia revient plus cher (ou dans le meilleur des cas aussi cher) que le prêt avec intérêt conventionnel. Ce n’est certainement pas l’objectif recherché par l’Islam, quand il dénonce la pratique du Riba.
En fait, l'idée que l’on a en France de la finance islamique consiste plutôt aujourd’hui à dire : laissons quelqu'un lancer, et si l'expérience remporte un succès, éventuellement on suivra après. C'est certes une vision pragmatique, mais frileuse.
J’ai la faiblesse de penser que cette vision pourrait changer si la pression de la demande se faisait de plus en plus forte, et surtout si des formules fiscalement optimisées et estampillées finance éthique plus qu’islamique étaient trouvées.
Source: zarabes.blogspirit
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