«Les membres de la communauté musulmane et le mufti de Bulgarie déclarent que les musulmans n’ont absolument aucune intention de s’ingérer dans aucune région de Bulgarie, pour servir les intérêts d’autres pays, en effectuant des pressions sur le gouvernement ou en appliquant de façon indépendante les peines islamiques, qu’il sont opposés à toute manifestation de terrorisme que ce soit de la part des religieux ou des non religieux, et qu’ils insistent sur la nécessité d’un dialogue interreligieux pour l’instauration de la paix et de la fraternité.»
«Bien que je sache que cette déclaration ne servira à rien et que vous continuerez à manquer de respect envers notre religion et nos personnalités religieuses, j’estime qu’il est de mon devoir d’aborder cette question et je pense que nous, musulmans, sommes dans une certaine mesure, responsables de ne pas avoir pu jusqu’à ce jour, gagner la confiance de la population en Bulgarie ?
Comment se fait-il que tous les partis politiques aient réussi à ce point, à instaurer une méfiance envers les musulmans, dans la société?
Qu’avons-nous fait pour que les autres citoyens nous considèrent comme responsables de fautes impardonnables ?
Chaque jour, les médias et les sites Internet nous accusent d’être un danger pour la société bulgare! Regardons ce qui s’est passé ces dernières années pour comprendre les raisons de cet état d’esprit. Je me souviens avoir commencé à apprendre le saint Coran sous la direction d’un imam réputé de notre village. J’ai ensuite fait trois ans de collège à l’école religieuse de Nobave, dans la ville de Choumen, et j’ai eu plusieurs professeurs de religion, bulgares et étrangers, or je n’ai jamais rien entendu dans leur cours, sur la nécessité de recourir à la force ou à la violence, vis-à-vis des autres religions, ni même une insulte de leur part.
J’ai participé à des centaines de réunions, séminaires et conférences, et je n’ai jamais vu ce que le professeur Ousilf a dit dans son article du 2 avril 2009, sur le projet d’un panislamisme sans frontières, et la disparition de toutes les autres religions et idéologies, dans le monde.
Comment se fait-il que mes enseignants aient oublié de nous parler de cela pendant toutes ces longues années d’étude ?
J’ai eu l’occasion de rencontrer de nombreux cheikhs, imams de mosquées, savants musulmans, politiciens et dirigeants de pays islamiques, sans jamais avoir été invité à participer à ce grand mouvement mondial de «lutte contre les non musulmans» alors que je pouvais être utile, vu ma fonction et mes responsabilités!
Supposons que les muftis et les imams n’ont pas fait leur travail, pourquoi les musulmans de Bulgarie qui ont fait des études dans les universités bulgares, en Arabie saoudite, en Turquie, en Jordanie et même en Europe, ne m’ont-ils jamais signalé la nécessité de cette grande entreprise? Nous qui encourageons les gens à la mosquée, à l’entente et la paix, entre nous et avec les autres citoyens bulgares, alors que notre religion nous encourage à la propreté avant les cinq prières quotidiennes et à être un modèle de vertu et de bon comportement, comment peut-on nous présenter comme des gens violents et des conquérants?
Les muftis qui pendant les vacances d’été, s’efforcent de rassembler les jeunes dans les classes du saint Coran, pour leur expliquer les règles religieuses, la morale islamique et les règles de comportement social, n’ont jamais appris aux jeunes comment imposer l’islam dans le pays, que Dieu en soit le témoin!
Mais vous parlez sans cesse d’un terrorisme islamique en plein développement, et vous présentez les barbes et les foulards islamiques comme des dangers pour la sécurité et l’autre face des attentats suicidaires, alors que la barbe et le voile existaient aussi dans la religion chrétienne et que cela n’est pas apparu avec l’islam, mais existait bien avant le christianisme.
J’ai fait des recherches sur l’existence des modèles dans les relations sociales, les idéologies et les diverses tendances sociales qui commençaient par pan … et qui ont mobilisé l’opinion internationale et les médias, et je suis arrivé à la conclusion qu’il n’existait pas de terrorisme ni de terrorisme islamique, mais que le terrorisme était le résultat de problèmes politiques, économiques et sociaux, et une façon de fuir les difficultés et les réalités. C’est une grande injustice d’attribuer ce phénomène qui est à l’origine de massacres de gens sans défense, à l’islam et aux musulmans.
Est-ce qu’il existe vraiment dans nos enseignements quelque chose qui ressemble à cette conquête territoriale, sans respect des droits des autres, dans l’ignorance et l’incapacité de s’entendre avec les autres peuples, et qui ne cherchent qu’à détruire et saccager sur son passage ?
Les religions ont une place dans les sociétés et nous constatons chaque jour, leurs effets positifs sur le développement et les progrès de la société humaine. Est-ce que je suis pour le professeur Ousilf, un opposé à l’islam radical et violent, ou un hypocrite qui cherche à réparer les erreurs passées de l’islam ?
Chers lecteurs et concitoyens, 20 ou 30 années d’études et d’enseignement ne suffiront pas pour comprendre la vies des musulmans, il faut pour cela vivre comme un musulman, et éviter de donner des avis comme ceux du professeur Ousilf qui n’ont aucune valeur.
Je ne trouve pas une seule raison qui expliquerait la crainte et les critiques qu’on fait aux musulmans. Nous nous évertuons à répéter que l’islam est la religion de la paix et du progrès, pour tous. Ces attaques ne nous fatiguent pas et nous continuons à vivre dans nos bonnes intentions.
Hossein Hafezaf, Grand mufti du Bulgarie
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