L’initiative devrait être soumise au peuple le 29 novembre prochain. Et la droite dure promet déjà une campagne musclée.
Choqués par le texte, les musulmans de Suisse – ils sont quelque 340 000 – condamnent l’amalgame tissé entre islam et intégrisme. Mais ils ne se lanceront pas dans une campagne à l’échelle nationale. «Par manque d’argent», explique Hisham Maizar, président de la Fédération des organisations islamiques de Suisse.
Et aussi par souci de discrétion: «Il est impératif de ne pas répondre à la provocation par la provocation», soutient Hafid Ouardiri, ancien porte-parole de la mosquée de Genève et directeur de la Fondation de l’Entre-Connaissance qui œuvre pour le dialogue interreligieux et l’éducation au civisme et à la citoyenneté. En montant à leur tour au créneau, les musulmans risqueraient d’être davantage stigmatisés: «Ce n’est pas le moment», précise Hafid Ouardiri.
«Tout ce que nous pouvons faire, c’est continuer à expliquer qui nous sommes, souligne Saïda Keller Messahli, présidente du Forum pour un islam progressiste. J’ai confiance car les gens ont la volonté de faire la différence entre islamistes et musulmans.» La Neuchâteloise espère toutefois que la récente percée de l’extrême droite islamophobe néerlandaise aux élections européennes ne fasse pas tâche d’huile.
Pour convaincre, les musulmans se contenteront donc d’un travail d’information. Tables rondes et conférences seront organisées aux quatre coins du pays. Hafid Ouardiri s’engage aussi dans un travail d’information auprès des diplomates pour expliquer à l’étranger que la Suisse n’est pas un pays islamophobe.
Source: tdg.ch