Pape Massène Sène, secrétaire général du ministère de la Culture, de la Francophonie et des Langues nationales, a souligné à l’ouverture l’importance de cette rencontre en rappelant que les religions et les traditions spirituelles sont des composantes essentielles de nos cultures. Hélas, a-t-il déploré, « certains hésitent à accepter la notion de dialogue interreligieux, comme s’ils risquaient d’y perdre leur âme, leur être ».
Voilà donc le défi à relever et qui constitue tout l’enjeu de ce séminaire, a affirmé M. Sène. Selon lui, l’échange qui est fait à l’occasion de ces journées « doit contribuer à la recherche de la paix, la prévention des conflits, l’instauration d’une coexistence harmonieuse entre les communautés et simplement le respect des libertés fondamentales ».
Il s’agit, dans cette perspective, « d’accepter la diversité des cultures du monde, de lutter contre l’intolérance, le rejet de l’autre et l’obscurantisme ». La problématique du dialogue entre les religions dans un contexte international marqué par la mondialisation, ainsi que le vocable de « choc des civilisations » ont été le centre des échanges entre les participants.
Ann Thérèse Ndong Jatta, directrice du Breda, a d’emblée avancé la nécessité de vivre « l’amour du prochain » pour aller au-delà des préjugés. La promotion des valeurs humaines passe par l’éducation. La formule de Mme Jatta, « le dialogue, c’est accepter l’autre avec sa différence, c’est s’accepter soi-même », a été approuvée par les participants. Ils sont venus de 8 pays africains (Bénin, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Mali, Nigéria et Sénégal) et de la France. Devant ces intellectuels, universitaires, dignitaires religieux chrétiens, musulmans et des religieux traditionnelles africaines, Gidéon Behar et ambassadeur du dialogue des cultures, s’est évertué à dire une partie de son allocution en langue ouolof. Il a mis en exergue l’amitié et la paix qui sont les fondements d’une cohabitation harmonieuse. Il a rappelé l’origine commune des hommes de toute la terre et leur devoir de rassembler leurs différences afin de gérer ensemble un destin commun.
Placé sous l’égide du Bureau régional de l’Unesco, ce séminaire est organisé en partenariat avec la Division des politiques culturelles et du dialogue interculturel, la Commission nationale pour l’Unesco et le ministère sénégalais de la Culture.
D’éminentes personnalités dont Doudou Diène, rapporteur spécial de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies, Mahkily Gassama, ancien ministre sénégalais de la Culture, Abdou Aziz Kébé, islamologue et l’abbé Jacques Seck prennent part à cette rencontre.
Les communications sont axées sur les enjeux du dialogue interreligieux, les actions de l’Unesco en faveur du dialogue interreligieux, les religions afro-américaines et la Traite négrière, le dialogue islamo-chrétien et les traditions spirituelles, ainsi que le rôle de l’éducation. Un rapport sera élaboré aujourd’hui en fin de journée. D’ores et déjà, l’idée la mieux partagée est qu’il faut passer maintenant à des actes concrets, aller vers l’instauration d’un monde meilleur, aspiration légitime du genre humain que toutes les religions entretiennent dans leurs enseignements.
Source: lesoleil