La couleur a fait débat au sein de l'AAEC(Association d'animations et d'échanges culturels) qui porte le projet de construction de la mosquée villeneuvoise. Le blanc pur de la Mecque a été évoqué, comme le doré du Dôme du Rocher à Jérusalem. Alors que l'architecte du projet, Oussama Bezzazi, du cabinet roubaisien APA, l'imaginait plutôt en noir. Mais c'est finalement le vert qui a été retenu comme couleur de la coupole du bâtiment cultuel villeneuvois. Couleur de l'Islam ? « Le vert n'a aucune valeur religieuse. C'est une façon de se fondre dans le paysage », affirme pourtant Mohamed Karrat, le président de l'association, désignant les nombreux arbres alentours.
« Alors qu'à Roubaix, on travaille sur le tissu urbain, sur l'héritage industriel, ici, on travaille sur le côté écologique d'une technopole verte », explique l'architecte qui travaille également au plan de la mosquée de l'Épeule à Roubaix. « Cette mosquée n'est pas un ovni, mais le fruit d'un travail en partenariat avec la mairie, poursuit-il. Il a fallu trouver un consensus entre le paysage local et les attentes de l'association. »
Mais le compromis, Oussama Bezzazi donne l'impression d'aimer ça, de le rechercher. « Tout le bâtiment est un mélange de tradition et de modernité », lance ainsi fièrement l'architecte. La construction reprend ainsi « les archétypes de l'architecture arabo-musulmane » que sont le minaret ou la coupole, mais elle innove aussi par le choix des matériaux (mélange de bois, d'aluminium et de verre). « On a fait le choix d'une mosquée transparente », affiche l'architecte. De grandes baies vitrées laissent ainsi entrer la lumière, mais l'intérieur de la salle de prière de 800 m² est aussi visible de l'extérieur.
Les fidèles musulmans devraient pouvoir se réunir, pour la première fois, dès le mois de mars 2010. La salle de prière sera alors achevée. « Pour le reste du bâtiment (salles de cours et d'ablutions, ndlr), on a pris un petit retard de quelques mois », note Mohamed Karrat. Pour l'heure, sur ce qui était, il y encore deux ans, le parking P10, le long du boulevard du boulevard du Breucq (RN227), le clos couvert est achevé. « Les travaux d'électricité sont en cours, on va démarrer ceux pour le chauffage et la plâtrerie », indique Oussama Bezzazi.
Depuis une semaine, le dôme trône sur le toit. En structure d'acier, habillé d'alu et de verre, il est vert d'aspect extérieur, mais devrait rester blanc à l'intérieur. « Il est arrivé en kit, a été assemblé au sol puis posé par une grue », détaille l'architecte. D'un diamètre de 9,60 m, il pèse environ 7 tonnes. « C'est peu, l'équivalent en béton peut peser jusqu'à 35 tonnes. Mais c'est un dôme aérien. »
Source: nordeclair