"J'ai rappelé à toutes les directions d'école que l'islam est une religion reconnue(en Belgique) et que dans une démocratie, chacun doit être le bienvenu dans l'école de son choix", a déclaré l'imam Nordin Taouil.
Il s'exprimait lors d'une réunion mercredi soir entre direction, élèves, associations musulmanes et parents à l'Athénée royal d'Anvers, l'un des deux établissements ayant décidé d'interdire le voile dès septembre.
"C'est pourquoi j'appelle tous les musulmans à ne plus envoyer leurs enfants à l'école si cette interdiction reste en vigueur", a ajouté Nordin Taouil, cité par le quotidien flamand De Standaard.
Quelque 500 personnes étaient présentes à cette réunion, où des tracts indiquant "Pas de foulard, pas d'élèves" ont été distribués.
A l'issue de la réunion, qui s'est déroulée dans une ambiance parfois tendue mais sans incidents, selon l'agence de presse belge Belga, la directrice a indiqué qu'elle maintenait sa décision, bien que plusieurs de ses élèves eurent menacé de quitter l'école.
En Belgique, Etat "neutre" mais pas "laïc", l'autorisation ou l'interdiction du port du voile par les élèves est laissée à l'appréciation des directeurs d'école. A Anvers, "seule une poignée d'écoles l'autorisent encore", selon De Standaard.
En plein débat sur la burqa en France, la polémique sur les signes religieux a été relancée en Belgique mardi par la prestation de serment au parlement régional bruxellois d'une députée portant le foulard islamique.
Bart De Wever, le chef de la Nouvelle alliance flamande(N-VA), un parti nationaliste qui négocie actuellement son entrée dans le prochain gouvernement flamand, a qualifié "d'irresponsable" l'appel de l'imam.
"S'il apparaît que de plus en plus de musulmanes portent un foulard et qu'elles font pression sur les autres jeunes filles pour qu'elles fassent de même, alors (les directions) ont le droit d'intervenir dans l'intérêt de l'harmonie de leur école", a estimé M. De Wever dans un communiqué.
Source: AFP