Le recul d'Ottawa survient alors que la question alimente les débats de l'autre côté de l'Atlantique. Le président français, Nicolas Sarkozy, a déclaré cette semaine que la burqa islamique n'était "pas la bienvenue sur le territoire de la République".
Le ministre d'Etat canadien à la réforme démocratique, Steven Fletcher, a confirmé jeudi que le gouvernement n'avait pas l'intention d'aller de l'avant avec une loi qui obligerait les électrices à dévoiler leur visage.
Le gouvernement a d'autres priorités pour hausser le taux de participation des électeurs, a fait valoir le ministre.
Le porte-parole du premier ministre Stephen Harper, Dimitri Soudas, a toutefois souligné que le gouvernement minoritaire appuyait toujours l'idée d'obliger les électeurs et électrices à montrer leur visage pour voter.
Mais il serait inutile d'aller de l'avant en proposant un projet de loi, puisque les trois partis d'opposition ont déjà fait savoir qu'ils ne l'appuieraient pas, a précisé M. Soudas.
L'enjeu avait fait les manchettes, au Canada en 2007, alors que trois élections fédérales partielles au Québec avaient été chaudement contestées. La province était le théâtre d'un débat sur les accommodements raisonnables, et l'on cherchait au Québec à déterminer jusqu'où l'on irait pour accommoder les minorités culturelles.
M. Harper avait vilipendé Elections Canada, après que le bureau indépendant eut refusé d'obliger les électrices voilées à se découvrir le visage pour voter aux bureaux de vote des élections partielles.
Même si l'opposition a refusé d'appuyer le gouvernement, le ministre Fletcher a néanmoins systématiquement réintroduit des mesures de réforme démocratique, qui sont cependant mortes au feuilleton avec le déclenchement de la dernière élection.
Malgré cela, le gouvernement pourrait se pencher à nouveau sur le sujet, selon le ministre, lorsqu'il recevra le rapport du directeur général des élections, Marc Mayrand, qui doit être déposé aux Communes à l'automne et dans lequel M. Mayrand fera ses recommandations pour améliorer le système électoral canadien.
Un porte-parole d'Elections Canada, John Enright, a cependant précisé qu'il était prématuré d'indiquer si le rapport de M. Mayrand se penchera sur la question de l'identification visuelle des électeurs. Mais il semble peu probable qu'il recommande de régler un problème dont Elections Canada persiste à dire qu'il n'existe pas.
Source: AFP