Âgée de 26 ans, Mahinur Özdemir est également l’élue la plus jeune du Parlement. À la veille de la prestation de serment, elle se confie à Zaman en regrettant qu’on ait surtout parlé d’elle à cause de son voile plutôt que pour sa personnalité. Même si pour elle « tout le monde a oublié que sous ce voile il y a une personne », Mahinur Özdemir se disait déjà sereine en assurant que l’investiture officielle se passerait bien.
Élue le 7 juin, Mahinur Özdemir est non seulement la plus jeune député mais aussi la première député voilée à siéger au Parlement bruxellois.
-Vous avez été élue au Parlement régional de Bruxelles. Que ressentez-vous ?
-Je suis très heureuse, mais aussi très surprise. Car j’ai vécu une campagne très active. J’ai été victime d’une pression qu’aucun candidat n’aurait pu s’imaginer. Mais, grâce à Dieu, j’ai été élue. Et, conformément à l’écho positif qu’a eu mon âge dans l’opinion publique, je suis aussi particulièrement heureuse de représenter la jeune génération de politiciens.
-Quels types de pressions avez-vous connues durant la campagne ?
-Avant tout, exagérant certaines choses, ils ont fait dans la presse des commentaires qui ne sont que le fruit de leurs préjugés à mon sujet. La presse belge en a longuement parlé. Puis, au sein même du parti, il y a eu l’affaire « Photoshop », que les autres partis ont instrumentalisée contre moi. On a dit que mon parti m’utilisait. Tout le monde a oublié qu’il y a une personne sous ce voile. Tout le monde a oublié qu’il y avait sous ce voile une personne compétente, éduquée et ayant déjà été élue dans un conseil municipal et ayant assumé ses fonctions avec succès. Du coup, je n’ai pu décrire ni mes projets ni ma personnalité. On m’a obligée à m’exprimer uniquement en tant que femme voilée.
Si on parlait plus de nos projets que de ce qu’il y a sur notre tête, ces types de préjugés disparaîtraient progressivement. Il y a dans la société des centaines de jeunes filles voilées. Elles aussi aimeraient qu’on parle d’elles plus pour ce qu’elles ont dans la tête que pour leur voile.
C’est le message du chef de notre parti, il s’est surtout préoccupé de mes capacités, de ce que j’avais sous mon voile. Et c’est également le message qui a été donné au sein du parti.
-Vous attendiez autant d’intérêt de la part des médias ?
-Non. Je pensais que j’allais vivre une campagne normale semblable à celles des autres candidats. Même s’il est vrai qu’en 2006 j’avais attiré l’attention des médias, mais cela n’avait pas pris ces proportions. Mais cette fois-ci, les médias belges s’occupent du fait que je suis la plus jeune député du Parlement régional de Bruxelles, alors que les médias turcs s’occupent de mon voile.
-Qu’est-ce qui a changé dans votre quotidien ?
-je suis entrée pour la première fois au Conseil d’administration décisionnel du parti. D’habitude, j’y entrais uniquement pour prendre des notes.
Source: saphirnews