Regain de tension et montée d’un cran dans le coeur musulman au Xinjiang

14:19 - July 14, 2009
Code de l'info: 1801769
Chine(IQNA)- La police a tué par balles deux «suspects» ouïgours dans le quartier musulman d’Urumqi. La situation reste tendue après une semaine d’émeutes.
Hier, dans le quartier du grand bazar d’Urumqi, la police a ouvert le feu, tuant deux hommes et faisant un blessé. Plus d’une semaine après les émeutes meurtrières du 5 juillet, alors que des commerçants commençaient à réparer leur devanture et que d’autres avaient choisi d’ouvrir leurs boutiques, la tension est montée d’un cran dans le coeur musulman de la ville, le quartier qui abrite la grande mosquée.
«La police a, en toute légalité, ouvert le feu, faisant deux morts», expliquait un communiqué de la municipalité d’Urumqi. C’est la première fois que les autorités reconnaissent que la police a tué des civils. Selon les Ouïgours en exil, plusieurs milliers de victimes auraient été abattues par les forces de l’ordre chinoises, alors que les émeutes auraient éclaté après la répression brutale par la police d’une manifestation pacifique.
Une version bien différente est défendue par Pékin, pour qui les émeutes du 5 juillet ont fait 184morts lorsque des Ouïgours s’en sont pris aux Hans, l’ethnie majoritaire en Chine.
« Vive l’unité des groupes ethniques », peut-on lire en blanc sur les grandes banderoles rouges qui flottent à travers la ville. Les camions de l’armée équipés de haut-parleurs appellent la population au calme, mais l’omniprésence des policiers et soldats en armes dément ces messages de paix.
Jusque dans la nuit, les patrouilles entonnent des chants militaires pour marquer leur présence. Dans le quartier musulman, des Hans, visiblement des policiers en civil, surveillent un restaurant de brochettes. Quand le restaurateur s’assoit à la table des journalistes étrangers pour parler de ses proches à l’hôpital, ils lui «empruntent» sa chaise pour l’empêcher de parler.
C’est que les émeutes du Xinjiang rendent les autorités fébriles jusqu’au plus haut niveau : le président Hu Jintao est rentré d’urgence d’Italie, il a préféré manquer le G8 pour gérer cette crise. L’un des neufs sages du Parti communiste, Zhou Yongkang, a été dépêché sur place. Peu probable qu’il puisse réparer les dégâts rapidement, les relations entre les deux communautés semblent durablement empoisonnées.
Bien sûr, il y a ceux, Ouïgours comme Hans, qui veulent simplement reprendre une vie normale, mais aujourd’hui beaucoup d’habitants d’Urumqi sont en colère et ont peur de leurs voisins. Erji, un homme d’affaires ouïgour expliquait samedi : « Les Hans peuvent continuer de nous persécuter autant qu’ils veulent, nous sommes musulmans, nous n’avons pas peur de la mort. »
Source: leparisien
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