L’article commence par une expression empruntée à la déclaration finale du Sommet des Pays Non Alignés, tenue dernièrement à Charm El Cheikh en République Arabe d’Egypte, laquelle déclaration a souligné l’importance des contributions des religions et des croyances pour la modernisation de la civilisation et le dialogue des civilisations, le but étant de sensibiliser davantage à des valeurs communes comme la tolérance et la coexistence pacifique.
L’auteur précise que c’est la première fois que l’expression « modernisation de la civilisation » est utilisée dans une déclaration ou un communiqué politique issu d’une conférence internationale. Si bien que cette formule occupe dès lors une place importante dans la littérature des relations internationales. A cet égard, Dr Abdulaziz Otman Altwaijri a précisé que depuis plus d’un quart de siècle, il a plutôt utilisé l’expression « rénovation de la construction civilisationnel » qui véhicule trois principes fondamentaux : la rénovation, la construction et la civilisation.
L’auteur précise que si l’on entend par modernisation l’enrichissement, le développement et le renouvellement de la civilisation, ce concept devient valable. Au contraire, s’il s’agit d’établir une civilisation de modernité ou d’une modernité civilisationnelle d’après un concept moderniste européen aux dimensions culturelles, intellectuelles et partisanes, la question devrait faire l’objet d’un réexamen et d’un regard critique profond.
Concernant l’appel lancé par la conférence consistant à élaborer une stratégie mondiale qui donne la priorité au développement international et à la modernisation des institutions multipartites et fait en sorte que la mondialisation soit une force positive pour le changement au service de tous les peuples et les nations, Dr Abdulaziz Otman Altwajri, dans son article, affirme que la communauté internationale en général - et non seulement les Pays Non Alignés-, doit s’engager dans deux voies parallèles : œuvrer pour le changement radical de l’esprit de la mondialisation et œuvrer à l’élaboration d’une nouvelle stratégie mondiale, dans le cadre de la Charte des Nations Unies, du droit international, de l’égalité entre les Etats en matière de souveraineté et d’intégrité des territoires. Pour ce faire, a-t-il ajouté, il faut se garder d’intervenir dans les affaires internes d’un pays, éviter l’usage de la force ou de la menace, encourager les droits de l’homme et promouvoir les libertés comme le précise la déclaration de Charm El Cheikh.
L’auteur a, par ailleurs, considéré que la modernisation de la civilisation doit emprunter une triple voie : l’imposition du droit international de manière juste, le respect total de la Charte des Nations Unies et son amendement en fonction des changements que connaît le monde, l’émancipation de l’hégémonie de l’ordre mondial actuel et de la domination d’une mondialisation sauvage qui ne respecte pas la volonté des Etats. Pour cela, il faut renforcer le dialogue des religions, des cultures et des civilisations, promouvoir les valeurs de tolérance, de coexistence et lutter contre toutes les formes de haine et d’extrémisme.
Dr Abdulaziz Altwaijri a indiqué également que la modernisation de la civilisation signifie d’abord le renforcement du pluralisme à travers toutes ses expressions, un pluralisme fondé sur la reconnaissance de la diversité culturelle, le pluralisme politique et économique, le droit de contribuer à la prise de décision, la sauvegarde de la souveraineté nationale des Etats, l’abolition de la vision unipolaire, le soutien du rôle central que jouent les Nations Unies, la défense des intérêts des Etats en matière de développement et la lutte contre leur marginalisation.
Source: ISESCO