L'inauguration d’une mosquée marque souvent l’organisation, tous les ans, de l’iftar pendant le mois du ramadan. Ces repas de rupture du jeûne, pris le soir après la prière du crépuscule (maghreb), sont souvent l’occasion, pour les musulmans comme ceux qui ne le sont pas de partager des moments uniques de convivialité avec l’autre.
Le Ramadan mettant l’accent sur la vie communautaire, les fidèles partagent plus souvent leurs repas en famille. Pour les célibataires, les étudiants fauchés, les personnes âgées, les sans-papiers, les sans domicile fixe et autres personnes dans le besoin, près d’une cinquantaine de lieux où rompre le jeûne sont ouverts en France.
Le plus souvent, ce sont les lieux de culte qui délivrent ce service comme c’est le cas pour la Grande Mosquée de Paris ou celle de Strasbourg. Cette dernière, comme la mosquée El-Forqane de Nantes, sert des repas tous les soirs du Ramadan depuis plus d’une vingtaine d’années. À Lyon, l’iftar est organisé « depuis une quinzaine d’années à l’inauguration de la Grande Mosquée en 1994 », déclare Kamel Katbane, son recteur.
« Au début, une quarantaine de repas ont été servis. Aujourd’hui, ce sont près de 600 personnes qui viennent rompre leur jeûne tous les soirs, ce qui revient à 18 000 repas distribués durant le mois. »
Une telle organisation demande un nombre conséquent de bénévoles. À Montpellier, près de 130 personnes sont mobilisées à cet effet pendant le mois du ramadan grâce à une liste de personnes engagées à faire le repas chez eux, comme l’explique Mohamed Khattabi, recteur de la mosquée de La Paillade, ouverte en 2004.
« Une vingtaine de personnes préparent les repas, les tables et le service ; une autre vingtaine débarrasse, nettoie et range. On a aussi une liste de près de 90 familles qui s’engagent chacune à préparer près de trois repas pendant le mois », explique-t-il. Le tout pour 200 repas servis par soir.
En revanche, à Lyon, ce service repose entre les mains d’« une vingtaine de personnes qui, du matin jusqu’au soir, de la préparation du repas jusqu’au nettoyage, viennent donner de leur temps », selon le recteur de la Grande Mosquée.
Paix, partage, solidarité… autant de valeurs qui caractérisent ce mois. Un constat général : les musulmans sont davantage généreux à cette période que pendant le reste de l’année. Mais le seul bénévolat ne suffit pas toujours. C’est pourquoi des appels aux dons, financiers ou alimentaires, sont lancés par chacune des mosquées et des associations organisant l’iftar, afin de contribuer au bon déroulement de l’opération.
C’est le cas, à Paris, de l’association Chorba pour tous qui, depuis 2006, œuvre toute l’année et plus seulement pendant le mois sacré. « Nous distribuons en moyenne 800 à 900 repas par jour toute l’année mais, au mois du ramadan, nous en servons 1 800 à 2 000 par jour. Ce mois mobilise 190 bénévoles inscrits, tout en ajoutant les bénévoles ponctuels », fait savoir son président Ali Hasni. L’effort financier est conséquent. Sur les 150 000 euros de budget annuel, « 84 000 euros sont alloués au seul mois du jeûne. Logique, il y a beaucoup plus de bouches à nourrir ».
Ceux qui viennent en bénéficier viennent d’horizons différents. À Stains ou à Clermont-Ferrand, la présence d’universités à proximité fait que le nombre de repas distribués lors du mois du ramadan sont conséquents et que leurs bénéficiaires sont essentiellement des étudiants. Pour M. El Heloui, un des anciens responsables de la Grande Mosquée de Strasbourg, il y aurait sans doute « entre 200 et 300 repas par soir une fois l’été terminé et la rentrée scolaire commencée ».
Source: mosquee-strasbourg