Le jeûne du mois de Ramadan est obligatoire pour tout musulman dès la puberté. Il existe cependant des dérogations pour certaines personnes, en particulier pour les malades. En effet, lorsque le jeûne peut avoir des conséquences néfastes sur son état de santé, le musulman est autorisé à ne pas jeûner.
Malheureusement, de plus en plus de personnes exemptées de jeûne insistent pour le faire et refusent la dispense qui leur accordée sur le plan religieux. Elles commettent alors un acte répréhensible puisque le jeûne nuit à leur santé. Cette situation se retrouve notamment chez des patients atteints de maladie chronique comme le diabète.
La Conférence de consensus médico-religieuse de Casablanca de 1995, regroupant la Fondation Hassan-II pour la recherche scientifique et médicale sur le Ramadan ainsi que les principales institutions islamiques, islamo-culturelles et islamo-médicales du monde musulman, a retenu des critères interdisant le jeûne chez les patients diabétiques.
Ces critères sont les suivants : le diabète de type 1, le diabète de type 2 non équilibré, la présence de complications dégénératives (rétinopathie diabétique, neuropathie diabétique, néphropathie diabétique), l’état d’acido-cétose et la femme enceinte ou allaitante diabétique.
Cependant, une étude a montré que de nombreux patients musulmans répondant à un ou à plusieurs de ces critères d’interdiction jeûnent malgré les risques qu’ils encourent.
Plusieurs éléments peuvent être avancés. Tout d’abord, la pression sociale peut être telle que si une personne ne jeûne pas, elle peut se sentir jugée et exclue du reste de la communauté musulmane. Voici un dialogue que nous avons eu avec Saloy.
Un travail commun entre les médecins et les imams des différentes mosquées de France peut être une solution pour éduquer ces patients et leur faire accepter le fait qu’ils ne doivent pas jeûner.
Pour ceux qui, malgré cela, veulent absolument jeûner, il est plus que nécessaire de consulter leur médecin traitant ou leur médecin diabétologue dans le mois qui précède le jeûne du mois de Ramadan. Des essais de jeûne peuvent alors être réalisés, afin d’évaluer si une éventuelle adaptation posologique, voire un changement de schéma thérapeutique, serait nécessaire. Dans tous les cas, il est impératif de parler de son intention de jeûner à son médecin.
Source: saphirnews