Les hommes de culte musulman, les Etats et les organisations islamiques doivent intensifier les efforts en vue de présenter au monde l'islam dans sa véritable dimension débarrassée des stéréotypes dont certains s'acharnent à l'en affubler pour en déformer l'image, ont estimé, jeudi dernier à Moscou les participants à la conférence "Russie et Monde islamique : partenariat pour la stabilité", dont le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, M. Bouabdellah Ghlamallah.
L’islam doit impérativement être débarrassé des clichés que certains s'appliquent à lui coller pour le présenter comme une religion favorisant l'extrémisme, alors que cette image déformée n'a en fait aucun lien avec les principes et valeurs de cette foi qui bannissent la haine et appellent à œuvrer en faveur de la paix et de la fraternité", ont souligné les différents intervenants.
Dans ce contexte, le ministre algérien a, dans son intervention, particulièrement mis l'accent sur l'opportunité qu'offre cette conférence pour "renforcer les liens de fraternité non seulement entre les musulmans, mais également entre ces derniers et les non-musulmans dans un monde condamné à s'inscrire dans une logique de dialogue et de coexistence pacifique et à éviter autant que possible le choc des idées".
Il a également souligné la nécessité pour les musulmans d'être au service à la foi de leur religion et de leur patrie qui constituent "les deux faces d'une même pièce", car, a-t-il dit, "celui qui renie sa patrie est comme celui qui renie son humanité".
M. Ghlamallah a en outre estimé que cette rencontre contribuera à "renforcer les liens historiques entre la Fédération de Russie et le monde islamique" dans l'intérêt non seulement des musulmans à travers le monde, mais de l'humanité tout entière.
Le ministre des Affaires religieuses a eu par ailleurs, eu en marge des travaux de la conférence, des entretiens avec des personnalités religieuses de plusieurs pays, notamment avec les muftis du Kazakhstan, de Syrie, d'Ouzbékistan ainsi qu'avec les chefs de plusieurs délégations notamment, d'Oman, d'Arabie Saoudite et du Koweït.
De son côté, le président russe, Dimitri Medvedev, a mis l'accent sur la nécessité d'œuvrer à propager les valeurs de l'islam bannissant la haine et prônant l'entente avec les différentes religions.
Il importe de promouvoir l'enseignement religieux en mettant l'accent sur la contribution de l'islam dans la lutte contre la haine et dans le renforcement de l'entente entre les différentes religions", a souligné Medvedev dans un message lu en son nom au début des travaux.
Le président russe a particulièrement mis l'accent sur l'importance qu'accorde la Russie au renforcement de ses relations avec les pays arabes et musulmans ainsi qu'avec les communautés musulmanes d'Asie, d'Amérique et d'Europe, rappelant que son pays a acquis la qualité de membre observateur au sein de l'Organisation de la conférence islamique (OCI). Le président du Conseil des muftis de Russie, cheikh Ravil Gaïnoutdine, qui a présidé les travaux de la conférence, a, pour sa part, mis en exergue lerôle du Conseil dans la prise en charge des affaires des musulmans de Russie et le renforcement des relations entre son pays le monde islamique.
Il a notamment souligné que le nombre de musulmans en Russie, qui s'élève à 23 millions de fidèles, est un chiffre qui montre l'importance de cette religion (la deuxième après le christianisme orthodoxe) dans la Fédération de Russie et la nécessité pour ce pays de renforcer ses liens avec le monde islamique.
Evoquant les problèmes auxquels sont confrontés les musulmans dans certaines parties du monde, il a souligné que "la solution au conflit au Proche-Orient passe par l'établissement d'un Etat palestinien indépendant et souverain".
Dans une déclaration adoptée à l'issue des travaux, les participants ont estimé que "la coopération étroite entre la Russie et le monde islamique dans un contexte de mondialisation constitue un facteur important dans la consécration d'un nouvel ordre mondial juste contribuant à promouvoir le dialogue entre les religions et les cultures".
L'islam, qui est une religion "de mansuétude et de respect, rejette toute forme de confrontation pour des considérations ethniques ou religieuses ainsi que toute forme de radicalisme, de violence et d'injustice", rappellent les conférenciers.
L'islam est une religion de pondération (wassatia) et dans la période contemporaine, ce principe est devenu un facteur déterminant pour vaincre toute forme d'extrémisme, y compris religieux, et permet aux musulmans de contribuer à l'édification d'un nouvel ordre mondial basé sur le respect mutuel", souligne la déclaration.
Les participants qui ont mis l'accent sur le rôle des organisations aussi bien non gouvernementales que publiques de Russie et du monde islamique ont appelé l'OCI à "ne ménager aucun effort pour régler les conflits entre musulmans" dans la région du nord du Caucase.
Sur le plan économique, ils ont appelé à la promotion de la coopération entre la Russie et le monde islamique, notamment en matière d'investissements à travers l'examen des "possibilités de mise en œuvre en Russie des mécanismes des banques islamiques" ainsi que la "mise en adéquation des systèmes financiers en Russie et dans le monde islamique".
Concernant "la politique étrangère de la Russie visant à rétablir la paix et la stabilité dans les régions où persistent des foyers de tension", les conférenciers ont exprimé leur "soutien total à l'idée de la convocation d’une conférence internationale à Moscou consacrée au conflit au Proche-Orient".
"Nous sommes convaincus qu'une telle rencontre pourrait constituer un nouveau pas sur la voie du règlement du conflit arabo-israéliens", ont-ils conclu.
Source: elmoudjahid