La médina est la matérialisation de la ville arabo-islamique

11:54 - October 13, 2009
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Maroc(IQNA)- La ville marocaine d’aujourd’hui est composée de trois parties. La ville historique, la médina, qui est la matérialisation de la culture arabo-islamique, la ville coloniale, et la ville “post-indépendance” avec l’urbanisation périphérique des zones pauvres, riches, des zones commerciales et industrielles et les problèmes liés à cette urbanisation.
Chacune de ces villes est l’expression de son contexte historique, de sa culture, des ambitions des habitants, de leur imaginaire, de leurs rêves.
Le mot médina vient du nom de Médine. L’appellation n’est pas fortuite, la première cité-Etat est Médine, en Arabie. Or, la ville est l’expression par excellence de l’islam. C’est l’outil d’arabisation et d’islamisation du Maroc. Elle a été le lieu de rencontre et de métissages des Berbères, des Moyen-Orientaux et des Arabes venus du Yémen, d’Arabie, des Africains et Européens, etc.
La fondation des villes islamiques est liée au pouvoir monarchique. Le grand lettré Ibn Khaldoun disait : “A grand roi, grande ville.” De manière générale, ce sont les rois qui fondaient les villes, avec le peuple bien sûr. Lorsqu’une dynastie prenait le pouvoir, elle préférait changer de lieu. Par exemple, les Mérinides étaient à Fès. Quand les Saadiens les ont remplacés, ils ont transféré la capitale à Marrakech. Une nouvelle dynastie ne s’installait jamais dans le même palais que le pouvoir précédent. Elle préfère le détruire pour effacer sa mémoire. Par conséquent, les notions de patrimoine et de monuments n’entrent pas dans la logique de la ville marocaine précoloniale.
Fès a plus de mille ans, mais en général, les villes marocaines se sont reconstituées au XIIIe, XIVe, XVe siècles et ont continué à évoluer jusqu’à la colonisation. Ce sont des villes protégées, constituées par quartiers, eux-mêmes enveloppés. Il y a protection sur protection. Une première clôture exprime la frontière nette entre le monde urbain et le monde rural, le monde organisé et le monde chaotique “non soumis” à la loi musulmane, le monde sédentaire et le monde nomade ou transhumant. Toutefois, un lieu fermé est un non-lieu donc le monde citadin restait ouvert avec des portes qui sélectionnent les entrées et les sorties.
Source: ulyssemag
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