L’Institut de Finance Islamique (AIIF) est l’initiative de deux experts financiers aux backgrounds assez différents mais complémentaires. Mouhamadou Lamine Mbacke, Président de l’Institut, un pur produit du secteur privé, est titulaire d’un MBA de Old Dominion University des USA en 1995 après une maitrise de Mathématiques et un diplôme européen de 3ème cycle en Management en France. M. Mbacke a travaillé 3 ans aux Etats- Unis pour Saks 5th Avenue avant de rejoindre la Citibank Dakar comme Directeur du Cash Management et des PME.
C’est d’ailleurs à la Citi où il flirta, pour la première fois en 2001, avec la Finance Islamique à travers Citi-Islamic, la branche Islamique de Citibank à Bahreïn. Ses consultations sur le dossier lui donnèrent l’opportunité, au travers d’un ancien fonctionnaire international de grande dimension, de rencontrer Dr. Mohamed Mahathir, le leader charismatique de la Malaisie en 2006 à Putrajaya (Kuala Lumpur) et le Directeur de l’Institut de Finance Islamique de Malaisie.
Cheikh Mansour Diouf, administrateur dans AIIF, est un pur produit du secteur public, diplômé de l’Ecole Nationale d’Administration après une maîtrise en Droit, Contrôleur principal du Trésor, actuellement en exercice comme Agent Comptable Particulier du CROUS de Saint-Louis. Il est titulaire d’un DESS en Ingénierie Financière de l’ISM de Dakar. Intéressé par le développement de la Finance Islamique dans l’UEMOA, il a convaincu Lamine que le meilleur partenaire, dans ce sens, est le Ministère de l’Economie et des Finances.
Le Ministère des Finances, qui travaillait sur ce dossier depuis 2007, a mis sur pieds un groupe de travail constitué de plusieurs directions du Ministère. A leur actif, un travail de prospection qui les a menés dans beaucoup de pays comme le Soudan et la Malaisie. A l’image de la France et l’Angleterre qui ont achevé de rendre leurs réglementations bancaires favorables aux banques et institutions financières islamiques, les initiatives audacieuses du Ministère sur ce dossier visent à positionner notre pays comme locomotive dans l’UEMOA. L’attractivité du marché de l’UEMOA pour les investisseurs de fonds conformes à la Sharia (qui représente une manne financière de plus de 800 milliards de dollars avec un taux de croissance de plus de 20%) se trouve cependant contrarié par le déficit d’expertise locale en Finance Islamique. Le Ministère ne pouvait rêver mieux que d’une initiative comme l’AIIF pour faciliter la résorption de ce gap en ressources humaines. Le partenariat technique entre le Ministère des Finance et l’AIIF, pour l’organisation du Forum, fut le fruit de plusieurs séances de travail entre l’AIIF et la Direction de la Monnaie et du Crédit du Ministère. Evidemment, la BID s’est associée à ce projet qui tombe à pic. En effet, lors d’une audience accordée par le Chef de l’Etat aux dirigeants de l’AIIF, en compagnie du Ministère de l’Economie Finance et de la BID, M. Ould Taleb, le représentant de l’organisme international, nouvellement affecté à Dakar, a exprimé au chef de l’Etat l’ambition de la BID de positionner le Sénégal comme hub de sa déterminante politique de vulgarisation de la Finance Islamique à travers l’UEMOA. Le Chef de l’Etat a apporté son total soutien à cette initiative privée en partenariat avec des Institutions publiques et a signifié à la délégation : « Vous prêchez un convaincu ».
Le Forum se propose de mettre face-à-face les meilleurs experts de la Finance Islamique du monde (en produits bancaires, takaful, sukuks, micro-finance islamique) et les acteurs économiques et financiers publiques et privés de l’UEMOA. Il se veut une plate-forme d’échanges et de rencontres pour toutes les institutions intéressées par ce secteur. Le format des cours de l’Institut est sous forme de séminaires de formation continue, destinés d’abord aux professionnels publics et privés de la Finance et animés par les meilleurs spécialistes de la Finance Islamique dans le monde. La formation est cadrée par rapports aux besoins spécifiques et ponctuels de formation des banques, des compagnies d’assurances, des mutuelles de crédit et des institutions régulatrices de l’économie.
Source: reussirbusiness