Finance islamique: le « défi psychologique » est à relever en France

10:42 - November 15, 2009
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France(IQNA)- Cheikh Abdullah Bin Bayyah, Vice-président de l’Union internationale des savants musulmans est membre de plusieurs institutions dans le monde, dont le Conseil suprême du fiqh (jurisprudence islamique), basé en Arabie Saoudite, et le Conseil européen de la fatwa.
Mauritanien de naissance, il vit à Jeddah depuis une vingtaine d’années, où il enseigne, entre autres, le Coran et l’arabe à l’université King-Abdul-Aziz. Invité d’honneur pour la conférence sur la finance islamique au ministère de l’Économie et des Finances, Saphirnews est venu à la rencontre du cheikh à cette occasion.
-Les oulémas ont une place centrale dans le développement de la finance islamique en Europe et dans le monde. Quel est le travail accompli par l’Union internationale des savants musulmans en matière de finance islamique ?
-Il n’y a pas de travail spécifique au nom de l’association sur cette question, mais il y a un travail de l’ensemble de ses membres, impliqués dans différentes institutions, notamment bancaires.
L’Union internationale des oulémas est une organisation qui dirige et qui oriente sur un certain nombre de questions et de problématiques qui touchent la société, dont l’économie. Elle est donc amenée à donner des explications et des réponses sur la question de la finance islamique, qui présente aujourd’hui un certain nombre d’avantages et d’opportunités.
-De quelle manière percevez-vous l’émergence de la finance islamique en Europe, et particulièrement en France ?
-C’est une chose très importante à mes yeux. Mais le parcours sera long. Nous devons faire en sorte que la finance islamique soit acceptée des Français mais qu’elle garde aussi ses spécificités et ses caractéristiques parce qu’il est clair qu’on ne peut pas dialoguer avec les autres tout en perdant son âme et sa conscience.
-Pouvez-vous expliquer aux lecteurs en quoi la finance islamique est un système aux principes universalisables, accessible à tous ?
-Ses principes peuvent être applicables et accessibles à tous, qu’ils soient musulmans ou non. La finance islamique est applicable dans les sociétés non musulmanes, dans le sens où le principe de rationalité est une base qui la régit. Elle est intelligible pour tous, il n’y a pas un principe devenu obligatoire sans que l’on comprenne son sens.
En parlant de l’usure par exemple, le droit musulman estime que l’argent ne doit pas générer plus d’argent car ce n’est pas un objet de vente ni de valeur. C’est un principe que chacun peut comprendre.
Les lois de la finance islamique ne sont pas des prières ni un pèlerinage imposé aux non-musulmans. Ce sont des principes intelligibles qui régissent des rapports entre les hommes. Mais chacun est libre d’accepter ou de refuser. Ceux qui sont d’accord − comme la ministre de l’Économie Christine Lagarde − avec certains aspects de la finance islamique peuvent donc choisir de l’appliquer, même s’ils sont non-musulmans.
Source: saphirnews
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