L'association cultuelle et culturelle islamique qui dirige Aissa Lamrini, va pouvoir acquérir un terrain situé au chemin de la Marlière, à Villers-Cotterêts. En effet, la municipalité a accepté de vendre cette parcelle d'environ 290 m2 à l'association. Jouxtant l'actuel local de prière, le terrain accueillera sans doute une extension du bâtiment. Prière et cours de langue arabe s'y tiendront.
Cela fait un an et demi que le président effectue des demandes pour acheter la parcelle auprès de la mairie : « À chaque fois, le m2 coûtait 120 €. C'était trop cher pour nous. Mais cette fois-ci, le maire nous a dit de venir jeudi soir au conseil municipal. Et qu'on verrait. Le prix a diminué ».
En effet, le tarif du m2 a été réévalué par le Trésor public à 54 € le 1er novembre dernier soit quatorze jours après une première évaluation. Un abattement de près de 50 % de la valeur initiale qu'explique l'inspecteur du Trésor public dans sa lettre par « la situation d'isolement de la parcelle » et son « enclavement, ainsi que la présence d'une ligne de chemin de fer à l'arrière ».
Un changement de position qui intervient six jours après l'envoi d'un courriel du responsable du service urbanisme de la mairie cotterézienne au Trésor public.
Il n'a pas été possible de joindre ce service, ni la mairie pour connaître le contenu du mail et la première évaluation de la valeur immobilière dudit terrain.
L'extension future répond néanmoins à un véritable besoin selon Aissa Lamrini : « Nous manquons de place. Nous accueillons jusqu'à cent vingt personnes. Certaines sont obligées de prier dehors sous une tente installée dans le terrain. De plus, la salle de prière des femmes est trop petite ».
Une situation qui a motivé la décision du conseil municipal : « Il est normal de vouloir donner des conditions d'exercice de culte décentes et cohérentes à nos concitoyens musulmans », martèle ainsi le maire, Jean-Claude Pruski. Une salle de prière pour les femmes, un parking mais aussi des locaux pour des cours de langue arabe, l'extension aura tant une vocation cultuelle que culturelle. De quoi faire réagir Franck Briffaut, conseiller municipal du Front National qui a voté contre la promesse de vente accordée par le conseil municipal : « Qu'on agrandisse un lieu de culte, cela ne me choque pas. Mais qu'on y fasse du culturel, si. Car leur démarche vise aussi à développer une certaine culture, des traditions sur le sol français ».
De même, l'élu frontiste souligne que cette extension « implantée dans un quartier où vit la majorité des populations musulmanes, ne fera qu'accentuer leur ghettoïsation ». Des arguments que balaie Aissa Lamrini : « Ce lieu sera ouvert à toute la communauté et à tous, musulmans ou non ».
Source: lunion