En retrait de la route principale, à Masny, la mosquée Nour (« lumière », au sens divin) accueille les fidèles depuis 1992 dans une ancienne école. L'intérieur a été rénové il y a environ trois ans. Mais les conditions de prière sont loin d'être satisfaisantes. La mosquée est trop petite. Lors de certaines fêtes, comme l'Aïd, les fidèles, trop nombreux, sont contraints de prier en plein air. La salle de prière des femmes est exiguë. Quant au bâtiment, il a fait son temps. Il est mal isolé (la facture de chauffage avoisine les 2 000 E par an !), la toiture fuit, et les sanitaires datent de sa construction. « On revendique notre citoyenneté française, plaide Heucene Benseghir, vice-président de la mosquée de Masny. On parle français, nos enfants parlent français, nous sommes intégrés dans la société. Tout ce que nous voulons, c'est un lieu de culte décent. » L'association qui gère la mosquée a donc entamé avec la mairie des négociations en ce sens.
À Montigny-en-Ostrevent les discussions avec le maire, Jean-Luc Coquerelle, ont porté leurs fruits après des années de tractations. Le permis de construire de la nouvelle mosquée a été délivré. L'ancienne sera bientôt rasée. « C'est un lieu quasiment insalubre, il fallait un bâtiment plus adapté, convient Jean-Luc Coquerelle. À partir du moment où le projet s'intégrait dans l'architecture de la commune et qu'il répondait aux besoins, un accord était possible. » Le Douaisis compte sept mosquées : Masny, Montigny-en-Ostrevent, Flers-en-Escrebieux, Dechy, Waziers, Auby et Roost-Warendin. Soit sept lieux de prière pour toute une communauté répartie dans 64 communes. En clair, pas le choix : pour pratiquer sa religion, il faut consentir à faire des kilomètres. « C'est tellement habituel que les gens ne se posent plus la question », soupire Boudjena Maouassi, président de la mosquée de Masny.
« Il est temps que le Douaisis se dote d'une mosquée digne de ce nom », observe Christian Entem, maire de Sin-le-Noble. La municipalité soutient et défend le projet de l'association musulmane de l'Union. Celle-ci oeuvre pour qu'un lieu de culte sorte de terre. Un terrain de 5 000 m² lui a d'ores et déjà été proposé par la Communauté d'agglomération du Douaisis (CAD) et la mairie. La mosquée serait édifiée entre la rue Paul-Foucaut et la rocade Est, dans la future zone du Raquet. Reste à l'association à faire son choix. Puis elle devra racheter le terrain à la CAD. La mosquée comprendrait une médiathèque, un institut, des salles polyvalentes, un salon de thé ouverts à tous. Et bien sûr, une vaste salle prière pouvant accueillir les nombreux fidèles du secteur. Le tout, construit selon les normes haute qualité environnementale. Son architecture à la fois moderne et traditionnelle, son esprit d'ouverture traduisent bien le mouvement dans lequel la communauté musulmane du Douaisis est engagée.
Source: lavoixdunord