Ce vote est "assez significatif de cette tentation à se recroqueviller, à se replier sur soi et à faire de l'étranger, en l'occurrence le musulman, le bouc-émissaire de tous les maux des sociétés occidentales", a affirmé M. Hamon sur RFI. "En tout cas, je trouve cette décision du peuple suisse inquiétante", elle sème "beaucoup de consternation", a-t-il dit.
Invité à dire si cette question pourrait être posée en France dans le cadre du débat sur l'identité nationale, il a répondu : "Je pense que tant qu'on fera de l'étranger ou de l'immigré un bouc-émissaire, oui ces questions se poseront".
"Je trouve dommage que le président de la République se livre à ce type de stigmatisation à l'égard des étrangers et des immigrés en associant identité nationale et immigration", a-t-il dit.
Selon M. Hamon, le chef de l'Etat, "depuis deux ans et demi, met en oeuvre des pans entiers du programme du Front national".
Toutefois, le porte-parole du PS a estimé que si l'on posait aux Français la même question qu'aux Suisses, "le résultat serait différent parce que nous avons, nous, une tradition d'intégration des populations musulmanes beaucoup plus grande" que ce pays.
Les Suisses ont voté dimanche à 57,5% l'interdiction des minarets à l'appel de la droite populiste, qui dénonce un "symbole politico-religieux".
Source: AFP