Une exposition que la Tunisie prépare depuis longtemps et pour laquelle une sélection des plus rigoureuses a été réalisée, et qui durera jusqu’au 4 avril prochain. A cette occasion, nous avons demandé à M.Dominique Baudis, président de l’Institut du monde arabe, son point de vue sur cette exposition dont il a suivi la genèse.
«L’Institut du monde arabe est heureux d’accueillir du 8 décembre 2009 au 4 avril 2010, au sein des collections permanentes de son musée, une exposition consacrée aux «Trésors de Kairouan», en cette année où l’ancienne cité a été choisie, par l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (Isesco), pour être capitale de la culture islamique.
Qu’il s’agisse des villes désignées, à l’initiative de la Ligue des Etats arabes, pour être capitales de la culture arabe, ainsi que l’ont récemment été Al Qods, Alger ou Damas, ou qu’il s’agisse des cités arabes choisies, sous les auspices de l’Organisation de la Conférence islamique, pour être capitales de la culture islamique, l’Institut du monde arabe aime à s’associer régulièrement à ces manifestations qui viennent célébrer la grandeur de la civilisation arabo-islamique et mettre en valeur, tout particulièrement, son patrimoine.
Conformément à sa vocation, qui consiste à faire connaître ou mieux connaître la civilisation et la culture arabes, sous toutes leurs formes et dans tous les domaines, c’est bien le rôle, en effet, de l’Institut du monde arabe de donner à voir à son public les plus belles réalisations de cette civilisation et de cette culture, comme c’est le cas avec les pièces exceptionnelles réunies dans le cadre de l’exposition «Trésors de Kairouan».
C’est de façon particulièrement opportune que cette exposition constituée de pièces qui datent, toutes, des cinq premiers siècles de l’Hégire vient s’inscrire dans la dense programmation qui est celle de l’Institut du monde arabe. Car, dans le même temps, l’IMA présente également à son public une exposition, intitulée «Arts de l’Islam», qui montre — à travers les objets d’une fabuleuse collection, provenant en l’occurrence de toute l’aire islamique et de toutes les époques, depuis les origines jusqu’au XIXe siècle l’extraordinaire diversité et l’extrême sophistication de ces arts de l’Islam.
A côté de ces pièces originaires de tous les pays islamiques, les objets et les manuscrits de l’exposition «Trésors de Kairouan» permettant de passer d’une considération générale à une vue particulière viennent témoigner de la place exceptionnelle qui fut celle de Kairouan. Première cité fondée par les Arabes en Afrique du Nord, dotée, avec sa grande mosquée, du plus ancien et du plus prestigieux monument de l’Occident musulman, Kairouan s’est imposée, à partir du troisième siècle de l’Hégire, comme l’un des principaux centres culturels de l’Islam et comme l’une des trois capitales des sciences musulmanes, avec Koufa et Médine. Sans doute est-ce aussi pour cette raison que les objets et les manuscrits présentés dans l’exposition «Trésors de Kairouan» nous procurent une émotion si particulière. On comprend mieux, en les considérant, quel fut le haut degré d’avancement et de raffinement atteint par la civilisation kairouanaise classique.
La Tunisie a toujours joué tout son rôle au sein de l’Institut du monde arabe, notamment en contribuant, par ses prêts, à l’établissement du «Musée des musées arabes» de l’IMA. Avec ces «Trésors de Kairouan», qu’elle nous permet aujourd’hui d’accueillir, elle poursuit sur la voie qui a toujours été la sienne, celle d’une collaboration pleine et entière».
Source: jetsetmagazine