Exposition «Lumières de Kairouan» à Paris Un symbole de tolérance islamique

14:07 - December 21, 2009
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Paris(IQNA)- Organisée conjointement par l’Institut du monde arabe, l’ambassade de Tunisie en France et l’Association d’amitié Tunisie-France, une exposition intitulée «Lumières de Kairouan» se déroule actuellement à Paris.
Son vernissage a eu lieu le mardi 8 décembre en présence de plusieurs personnalités, dont MM. Raouf Najar, ambassadeur de Tunisie en France, Dominique Baudis, président de l’IMA, Mokhtar Taleb-Bendiab, directeur général de l’IMA, Moncef Mzabi, président de l’Association d’amitié Tunisie-France, et Mourad Rammah, conservateur de la Médina de Kairouan.
A l’instar de l’Union européenne qui, depuis 1985, désigne tous les ans une «capitale culturelle de l’Europe», l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (Isesco), basée au Maroc, a pris en décembre 2004 la louable décision de désigner, elle aussi, annuellement, une «capitale de la culture musulmane». Son but : «Commémorer l’âge d’or culturel et civilisationnel qu’ont connu un certain nombre de capitales islamiques, notamment le rôle important qu’elles ont joué à travers l’histoire pour la promotion de la culture, des arts, des lettres, des sciences et du savoir».
Et c’est ainsi que le 8 mars 2009 à la Grande Mosquée Oqba-Ibn Nafâa, du nom de son célèbre fondateur, Kairouan fut officiellement proclamée «capitale de la culture musulmane». Cette cité millénaire, on le sait, est la quatrième des plus importantes villes saintes de l’Islam et l’une des trois capitales des sciences musulmanes après Médine et Koufa. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1988, elle fut longtemps le lieu du savoir, un centre d’efflorescence culturelle où se distinguèrent un grand nombre de personnages célèbres dont l’imam et juge Sahnoun Ibn Saïd, les poètes Ibn Charaf et Ibn Rachiq, le poète et astronome Ibn Abi Arijal, le juriste Assad Ibn Al Fourat, les médecins Ishak Ibn Omrane, Ahmed Ibn Al Jazzar, et bien d’autres encore.
Lors de cette proclamation, le directeur général de l’Isesco, le Dr Abdulaziz Othman Altwaijri, n’a pas manqué de souligner le rôle majeur de Kairouan : «La ville de Kairouan, dit-il, était un symbole de tolérance, d’entente et de dialogue entre les cultures et les civilisations et le berceau d’une culture ouverte sur son monde, d’une pensée islamique éclairée et d’une prospérité intellectuelle marquée par des chefs-d’œuvre qui ont marqué l’histoire»
Kairouan occupe donc, comme l’a souligné le Président Zine El Abidine Ben Ali, dans son discours inaugural, «une place privilégiée dans les cœurs de l’ensemble des musulmans et, plus généralement, dans l’histoire de la culture universelle».
Par conséquent, il fallait, à cette occasion, rendre la mémoire et faire découvrir, aux uns comme aux autres, l’histoire si riche de notre culture islamique, ce que Kairouan avait transmis de plus précieux vers l’Occident. L’exposition qui se déroule aujourd’hui dans la capitale française le confirme. S’étalant sur deux étages de l’IMA, elle constitue, à coup sûr, un puissant moyen d’expression, accessible à tous. Les pièces exposées datent toutes des cinq premiers siècles de l’Hégire : une riche collection de Corans, décorés de motifs géométriques et floraux ; des feuillets provenant d’un splendide Coran écrit à l’or en kufi sur un parchemin bleu noir ; des enluminures, des articles en céramique, des pots, des coupes, des jarres, des vases, des carafes, des gobelets en verre soufflé, des lanternes en bronze moulé et ajouré, des lampes à huile, des planches et consoles en bois ornementé ou calligraphié, des stèles funéraires, des bijoux, des pièces de monnaie en or et en argent, etc.; autant de chefs-d’œuvre qui témoignent de la culture raffinée et de la qualité de vie de Kairouan à l’époque où cette cité était considérée comme «la mère de plusieurs contrées et la capitale de plusieurs provinces, la plus grande ville du Maghreb, la plus étendue, la plus opulente, la plus aisée et la mieux conçue» selon les terme du géographe Al-Idrissi.
En lançant un site web (http://www.kairouan-cci2009.nat.tn/) et en organisant ces manifestations et des expositions, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, les responsables, en hommes de culture, témoins de leur temps, n’ignorent pas que toute la dignité de l’homme réside dans sa pensée et que le cheminement à travers les siècles de l’empreinte islamique de Kairouan ne peut qu’être profitable à l’univers tout entier.
Dans un entretien avec le collègue Raouf Seddik (La Presse du 14 nov. 09), feu Jaâfar Majed, président de la manifestation «Kairouan, capitale culturelle islamique», avait précisé : «La manifestation est culturelle. Elle englobe aussi bien les sciences humaines que les sciences dites exactes. Il faut mettre en exergue le patrimoine culturel, dont l’héritage religieux, mais à côté de cela, il faut voir aussi ce qu’il y a dans cet héritage qui relève des sciences, de la philosophie.
Source: jetsetmagazine
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