A Décines, des musulmans à bonne école

14:44 - January 27, 2010
Code de l'info: 1878807
France(IQNA)- Avec ses cours de religion et ses élèves, le groupe scolaire Al-Kindi, fondé en 2005 en pleine polémique sur le voile, ressemble à un établissement privé classique. Les filles voilées en plus.
Le prof de culture musulmane commence son cours par un tonitruant «Salam Aleikoum !» avant de s’atteler à un exposé sur les premières écoles de pensée de l’islam. Face à lui, quinze élèves ultra-attentifs, la première classe de terminale du groupe scolaire Al-Kindi. A part ce cours, celui de langue arabe et celui, optionnel, de science islamique, les élèves suivent ici les mêmes enseignements que dans n’importe quel lycée.
Sérénité Cet établissement privé musulman implanté à Décines, au nord-est de l’agglomération lyonnaise, compte aujourd’hui 343 élèves, de l’école primaire au bac. Ouvert en 2005 après de grosses difficultés politico-administratives, et en plein débat sur le voile à l’école, Al-Kindi, soutenu par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), a longtemps eu l’image d’un établissement peu ouvert et squatté par les familles fondamentalistes qui pouvaient scolariser là des jeunes filles portant le voile.
«Tout le monde a pensé qu’on avait ouvert pour cette raison, ce n’est pas le cas. Il suffit de regarder nos élèves», répète Hakim Nazir, président fondateur d’Al-Kindi, en charge des questions éducatives à l’UOIF. Parmi les élèves croisés, les jeunes filles portant un foulard l’emportent d’une courte majorité sur les autres. Les garçons sont par ailleurs relativement nombreux (40% des élèves). Après quatre années scolaires pleines, Al-Kindi semble avoir réussi, discrètement, à trouver une certaine sérénité. Même si l’équilibre financier n’y est pas. Même si les dirigeants de l’établissement attendent avec impatience de savoir si le groupe scolaire Al-Kindi va pouvoir, comme le lycée Averroès de Lille, pouvoir passer sous contrat avec l’Education nationale.
A l’origine du lycée lyonnais, il y avait depuis longtemps, explique Nazir Hakim, l’envie de faire quelque chose pour la communauté musulmane en France.
Source: liberation
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