Le mot d’ordre: réussir ses études est une priorité pour l’étudiant musulman, qui doit, par sa conduite, donner l’exemple. Ce qu’ils appellent «science», c’est à dire le savoir, est selon l’Islam «une obligation pour certains, qui devient, si personne ne s’en charge, une obligation pour tous».
La conférence a fait ressortir que les défis universitaires des étudiants musulmans, hormis la nécessité d’ajuster leurs horaires en fonction des prières quotidiennes, tiennent surtout des différences dans le cheminement scolaire entre la plupart des pays dont sont originaires les membres de l’AEMUL et le Québec. La reconnaissance des études, tant ailleurs qu’ici, semble donner du fil à retordre à ceux qui déménagent lors de leurs études.
Par exemple, les cours donnés aux cycles supérieurs détonnent pour les nouveaux étudiants marocains, qui sont pour la plupart habitués à un cheminement plus encadré comprenant plus de cours et moins de travail hors classe. Cette divergence peut, selon les conférenciers, affecter la réussite et l’intégration des nouveaux arrivants.
C’est d’ailleurs de l’intégration dont il a été question lors de la période ouverte aux interrogations du public: tant le parcours personnel que celui des nouveaux amis ont été abordés, en cela que l’AEMUL se considère comme un refuge pour les nouveaux arrivants, qui pourraient autrement être attirés par les fêtards (la consommation d’alcool est interdite
par l’Islam).
Les étudiants musulmans présents tenaient à soigner leur image, soulignant dès que possible la mauvaise presse dont l’Islam est victime. Au plus petit écart de langage, ils s’assurent de corriger les impropriétés: vivent-ils des défis universitaires différents de leurs camarades québécois? «Il y a des Québécois», s’exclame Abdallah, un de ceux qu’on pourrait appeler «de souche», qui s’est converti à l’Islam il y a quelques mois.
«Les gens sont très compréhensifs», assurent les participants, rencontrés à la fin de la discussion. Cependant, un certain ressentiment est palpable lorsque vient le temps de parler de la perception que véhiculent les médias de l’Islam. «Si tu veux connaître l’Islam, oublie tout ce que tu as entendu dans les médias», suggère Abdallah au journaliste d’Impact Campus.
Abdallah dit s’être converti cet été, parce qu’il a trouvé dans le Coran ce qu’il voit comme «la vérité». «Je peux te prouver en deux minutes que la Bible, c’est une invention de l’Homme», propose-t-il, avant d’enchaîner sur sa conversion. Au fil de sa lecture du Coran, raconte-t-il, les «réponses» venaient à lui, ce qui l’a poussé à s’intégrer dans la communauté des étudiants musulmans de l’Université Laval. «Le monde est contrôlé par le diable, c’est sûr qu’il y a une
L’AEMUL, qui a déjà fêté son 37e anniversaire, a été fondée en 1972 par quelques étudiants qui voulaient tout d’abord organiser leurs demandes en vue de prévoir un endroit pour leurs prières quotidiennes. Un local a, au fil des ans, été réservé et l’AEMUL vise maintenant à regrouper les étudiants musulmans et à favoriser leur intégration.
Le centre culturel islamique de Québec estime à environ 7000 personnes la population musulmane de Québec.
Source: impactcampus