Islamophobie en France: manifester ne suffit plus

12:16 - February 15, 2010
Code de l'info: 1886292
France(IQNA)- Tout le monde a constaté, même les sourds et les non-voyants, qu’une vague islamophobe toujours plus grande déferle sur le pays avec des dégâts considérables pour les populations victimes mais aussi pour la cohésion sociale et notre fameuse identité nationale.
A l’image d’un tsunami, cette vague destructrice a bien une origine que la majorité de la classe politique feint d’ignorer, alors qu’elle en est elle-même en très grande partie responsable.
Depuis le début des années 1980 jusqu’à aujourd’hui, les hommes et femmes politiques de droite et de gauche ont diabolisé l’islam et les musulmans, que ce soit dans les quartiers, dans les usines ,dans les foyers de travailleurs, dans les établissements scolaires et même dans la rue.
De Pierre Mauroy, qui islamisait déjà la question sociale de nos parents en lutte dans les usines pour leurs droits de salariés, en passant par le bruit et les odeurs de Chirac, puis « les femmes voilées, femmes violées » de Ségolène en passant par les moutons dans la baignoire de Sarkozy, et pour finir, plus près de chez nous, les propos essentialisants de Nadine Morano sur le jeune musulman ou André Gérin sur la burqa, ont bien constitué, à partir du plus haut sommet de l’Etat, le socle et la culture commune qui ont permis ces déchaînements racistes et islamophobes.
Les gouvernements successifs n’ont rien trouvé de mieux que de nous pondre une loi d’exception le 15 mars 2004 pour stigmatiser définitivement une partie de la population française, en encourageant les replis communautaires qui n’ont fait qu’augmenter depuis.
Un fond postcolonial, raciste et islamophobe, couplé à la lepénisation des esprits et à des calculs politiciens, n’a fait que traduire dans les faits un subconscient collectif dans lequel l’arabo-musulman reste l’Autre, l’indésirable, et, si besoin, en temps de crise, le bouc émissaire. Nos chers médias et certains intellectuels peu scrupuleux n’ont fait que souffler sur les braises.
La question palestinienne, la guerre en Afghanistan, les révoltes des quartiers populaires, la liberté d’expression dans les mosquées, le droit d’affirmer sa foi conformément à la laïcité, la liberté d’aller et de venir sont sacrifiés sur l’autel de la représentativité et de ce qu’on appelle naïvement l’islam de France ou moins naïvement l’islam modéré.
Aujourd’hui, les responsables de mosquées et d’associations musulmanes doivent prendre leur responsabilités et avoir le courage de s’opposer, je dirai même se révolter, contre ce traitement discriminatoire par la République et ses représentants de l’islam et des musulmans de France. Ils doivent, comme nous l’avons fait et continuons à le faire, dénoncer les atteintes à la laïcité que commet le pouvoir actuel en s’immisçant dans les affaires musulmanes directement ou à travers les consulats étrangers. Ils doivent dénoncer la politique de la peur qui pèse plus particulièrement sur les titulaires de cartes de résident parmi ceux qui refusent de collaborer avec la police ou d’autres services en vue de criminaliser leurs frères, ou faire expulser ceux qui ne prônent pas un islam soumis aux injonctions des politiques impérialistes et colonialistes de l’Occident.

Source: saphirnews
captcha