Les muezzins se relayeront tour à tour à la radio cinq fois par jour, puis les habitants entendront leurs voix diffusées dans toutes les mosquées de la ville.
C’est l’histoire de « Radio Muezzin », un théâtre documentaire réalisé par Stefan Kaegi, un metteur en scène suisse vivant en Allemagne. Après Berlin, Bruxelles, Avignon, Strasbourg et Montpellier, c’est au tour de La Villette, à Paris, d’accueillir les quatre muezzins cairotes, du 16 au 20 février.
Ces personnages singuliers racontent chacun leur mission, leurs parcours et leurs vies sur scène. Derrière eux, « un curriculum vitae en images » sur écran se déroule sous les yeux des spectateurs.
Parmi eux, Hussein Gouda Hussein, un professeur de Coran à demi-aveugle, qui fait chaque jour deux heures de bus pour se rendre à la mosquée ; Abdelmoty Abdelsamia Ali, paysan engagé dans l’armée, puis électricien converti en muezzin après un grave accident ; Mansour Abdelsalam Mansour, paysan pauvre devenu muezzin au service du Ministère ; Mohamed Ali Mahmoud, fils de grand muezzin et lui-même muezzin vedette au corps d’athlète, choisi parmi les trente voix du Ministère.
« Cette centralisation de l'appel, en cours depuis plusieurs années, est un processus technique mais aussi religieux, politique, puisque tout est placé sous la direction et le contrôle du ministère de la Religion. Le problème des muezzins du Caire, c'est que ce processus passe par une forme de "sélection" des voix », déclare Stefan Kaegi, qui a trouvé « intéressant de se demander comment ces derniers réagissaient face à ce processus ».
« Cette centralisation est révélatrice de l’emprise du pouvoir, qui perfectionne ses techniques en partie grâce aux subventions du gouvernement américain et donc d’un processus en cours de contrôle des mosquées. Elle illustre aussi les craintes et les inquiétudes des muezzins eux-mêmes », estime-t-il.
En arabe surtitré en français, « Radio Muezzin » se veut un témoignage fort amenant les spectateurs vers les chemins de la spiritualité.
Source: saphirnews