Analystes politiques et stratèges militaires, de tous bords, reconnaissent qu’une nouvelle phase du conflit opposant la nation arabo-musulmane à l’entité coloniale sioniste est désormais en cours : celle de la riposte au coup pour coup, celle de la capacité de la résistance islamique à riposter aussi durement que l’ennemi israélien.
Pour la première fois depuis l’occupation et la colonisation de la Palestine, il y a 62 ans, un dirigeant arabe, et quel dirigeant ! remet Israël à sa place, non pas en lançant de vagues « menaces », comme le faisaient auparavant des chefs enthousiastes mais impuissants, mais en promettant, comme le promettent toujours les « hommes de Dieu », les combattants du Hezbollah et leur dirigeant, que toute attaque israélienne sera immédiatement suivie d’une attaque de même niveau.
Ce discours historique et stratégique n’a pas été diffusé sur les chaînes israéliennes, la censure militaire d’un pays jugé démocratique par la « communauté internationale », ayant sévèrement agi. Seuls quelques passages du discours ont été diffusés, mais ce qui est encore plus significatif, est le silence des dirigeants israéliens. Même Lieberman, toujours prêt à bavarder, n’a pas bronché. Car ce que le dirigeant de la résistance leur a annoncé, sans détours, c’est que le Hezbollah est armé de telle manière qu’il peut riposter à toute attaque, et nul ne l’en empêchera. Il ripostera aussi loin et aussi durement à toute attaque sioniste.
Il est évident que ni les dirigeants sionistes, ni leurs alliés, ne s’attendaient à un tel discours. Concernant son armement, le Hizbullah leur a fait comprendre plusieurs choses : d’abord, le Liban n’avait besoin de personne pour s’armer, la résistance a et aura ce qu’il faut (et si cela ne leur plaît pas, qu’ils boivent la mer, a-t-il ajouté). Ceci en réponse aux Etats-Unis et à la France et tous les Etats qui promettent d’équiper l’armée libanaise, dans un souci de conflit interne. Depuis des mois, les responsables militaires américains font la navette et des discours, promettant d’équiper l’armée libanaise, mais de manière à maintenir la supériorité militaire aérienne, terrestre et maritime, favorable à la colonie sioniste. Donc, le Liban n’a pas besoin de tous ces Etats qui marchandent la sécurité d’un pays. Grâce à la résistance islamique qui a su s’armer, ce marchandage n’a plus de raison d’être. Ils vendront ce qu’ils veulent à l’armée libanaise, d’autres armes sont là pour protéger le pays.
Sayyid Hassan Nasrullah a également fait comprendre aux parties libanaises internes que ni l’ONU, ni la communauté internationale, ni les Etats-Unis, ni la France « amie » du Liban, ne le protègeront contre les attaques israéliennes.
C’est sur ses propres forces qu’il faut compter, comme pour la guerre de libération du Liban, de 1982 jusqu’à la libération. Il a expliqué que la communauté internationale ne respecte que le puissant : Israël n’a jamais appliqué une résolution de l’ONU ou du conseil de Sécurité, ni en Palestine, ni dans aucun pays arabe. C’est pourquoi il faut acquérir cette puissance, et c’est ce que le Hezbollah a fait. Dorénavant, avant toute attaque, il faudra réfléchir mille fois, et non une seule. A ce propos, le dirigeant de la résistance islamique a expliqué pourquoi les sionistes sont actuellement dans une impasse : ils ne peuvent faire la guerre alors qu’ils veulent la faire. Depuis leur défaite en 2006 (Liban) et 2009 (Gaza), ils réfléchissent à une guerre qu’ils veulent victorieuse, rapide et décisive. Il est évident que plus le temps passe, moins ils pourront la mener, car les résistants, palestiniens et libanais, et même la Syrie et l’Iran, profitent de ces moments de déroute israélienne, pour s’armer, s’équiper, réfléchir sur de nouvelles stratégies, récupérer des renseignements sur le front intérieur, bref, les résistants se préparent.
Le dirigeant de la résistance islamique a fait également remarquer aux Libanais que la stratégie militaire du Liban devait être unique, puisque les Libanais ne cessent d’évoquer qu’ils sont uniques : puisque vous l’êtes, puisque vous ne cessez de le clamer, adoptez donc cette nouvelle stratégie de défense, unique dans le monde : l’alliance entre la résistance, l’armée et le peuple résistant. Car, sur le plan intérieur, quelques personnalités politiques réclament encore la démilitarisation du Hezbollah, jugeant même que tant que le parti de la résistance existe, Israël prendra le prétexte d’attaquer le Liban.
Source: palestine-solidarite