Elle progresse au rythme de 15 % à 20 % par an et englobe un patrimoine d’actifs estimé à 1000 milliards de dollars en 2010. Cela ne représente que 1 % de l’industrie financière mondiale, mais cette manne est gérée par 300 institutions réparties dans 75 pays. Chaque année, une vingtaine de banques voient le jour.
Et pas seulement dans les pays musulmans. La Grande-Bretagne en compte déjà cinq, dont la très active Islamic Bank of Britain(IBB) et l’European Islamic Investment Bank (EIIB). Plusieurs établissements américains et européens dont les États n’ont pas franchi le cap, comme la France utilisent leurs filiales en Malaisie et à Bahreïn pour offrir à leur clientèle un bon placement « halal ».
Pour cela, les États ou les autorités monétaires doivent adapter leur réglementation afin d’éviter une double imposition sur les transactions. La banque achetant le produit qu’elle revend à son client, en droit normal, il lui faudrait donc payer des frais d’enregistrement à l’achat et à la revente.
C’est en essayant d’introduire cette modification dans le code civil que le gouvernement français s’est heurté, en septembre dernier, à l’opposition de certains députés socialistes (notamment Henri Emmanuelli).
Le projet de loi a fini par être rejeté par le Conseil constitutionnel. La ministre de l’Économie, Christine Lagarde, soutenue par la Bourse de Paris et des fleurons industriels comme GDF Suez ou Renault-Nissan, a promis de revenir à la charge. Des investisseurs, notamment koweïtiens et qataris, n’attendent que cette ouverture pour inaugurer la première banque islamique «à la française».
Source: jeuneafrique