La volonté politique d'ouvrir le marché à la finance islamique existe bel et bien en France

13:09 - February 24, 2010
Code de l'info: 1890058
France(IQNA)- Les supermarchés développent leurs rayons halal, l'enseigne de restauration rapide Quick teste une expérimentation de restaurants ciblant les musulmans. La banque de détail se fixera aussi sur le segment marketing des musulmans français.
La réserve de clients est une majorité de ces derniers 55 % est intéressée par une "offre bancaire compatible avec leurs convictions religieuses ou éthiques", selon une étude Ifop réalisée en avril 2008. Et la volonté politique d'ouvrir le marché à la finance islamique existe bel et bien. C'est ce que rappelaient, la semaine dernière, plusieurs spécialistes, lors d'un déjeuner-presse sur la finance islamique.
Aujourd'hui, les produits tenant compte des interdits du Coran, prohibition du jeu, du porc de la prostitution, de la spéculation, de l'intérêt, adossement obligatoire des produits à un actif tangible, ne sont pas autorisés en France.
La législation impose aussi, par exemple, l'affichage d'un TEG (taux effectif global) dans le contrat d'un crédit à la consommation, un taux non compatible avec l'interdiction des taux d'intérêt que prévoit l'Islam. La priorité pour Christine Lagarde est d'offrir aux banques de financement et d'investissement "charia compatibles" un environnement réglementaire compatible dans l'espoir de capter les fonds venus des pays du Golfe.
La ministre de l'Économie a ainsi tenté de modifier le Code civil afin de permettre à un détenteur de "sukuks", obligations islamiques, de "se prévaloir d'un droit de propriété des actifs-supports". Si la modification législative a été retoquée, Christine Lagarde ne s'avoue pas vaincue, d'autant plus que quatre banques ont des projets d'implantation en cours - la Qatar Islamic Bank, la Kuwait Finance House, Al-Baraka et Projet Omega - et un charia-board, l'Acerfi, a vu le jour.
Grâce aux expérience acquise dans ce domaine à travers leurs filiales spécialisées au Moyen-Orient, la France maîtrise les outils de la finance musulmane. Plusieurs pistes peuvent être envisagées : la distribution de produits islamiques dans des agences dédiées, la création d'une nouvelle marque exclusivement centrée sur la finance islamique ou encore la banalisation des produits de finance islamiques qui seraient alors distribués dans les réseaux traditionnels. Mais le débat autour de l'expérience de Quick suggère que ce n'est pas forcément rentable en termes d'image. L'initiative pourrait donc échoir à une banque étrangère.
Selon Equinox Consulting, un cabinet de conseil indépendant aux institutions financières, entre 500 à 700 agences (sur un réseau existant de 27.000) islamiques pourraient avoir pignon sur rue d'ici 15 ans, selon un scénario optimiste. Tout dépendra en fait de la capacité de la finance islamique à développer des produits attractifs et concurrents de celle traditionnelle. Installée sur le marché anglais depuis plus de cinq ans, et première banque islamique de détail au Royaume-Uni, l'Islamic Bank of Britain n'a ouvert que huit agences pour moins de 50.000 clients.
Source: lepoint
captcha