«Je n’exposerai plus en Suisse... sauf dans des mosquées»

11:28 - April 26, 2010
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Paris(IQNA)- Le photographe Michael von Graffenried, qui recevra en septembre le prestigieux prix Erich Salomon, explique pourquoi il boycotte son pays.
Michael von Graffenried n'exposera plus en Suisse. Du moins tant que la Constitution helvétique interdira la construction de nouveaux minarets. «Je me suis tellement énervé le soir du 29 novembre. J’aime la Suisse, mais elle m’a profondément déçu. Je ne pouvais rester là sans rien faire», explique le photographe, en parcourant l'exposition qui lui est consacrée à Paris, à la Maison européenne de la photographie.
Une décision politique? Affective, plutôt. «J'ai tant d'amis musulmans, notamment ceux que j'ai rencontrés pendant mes reportages en Algérie. Comment leur expliquer le coup de poignard des Suisses?»
«Cela me coûte. Certains projets sont déjà tombés à l'eau, mais c'est comme ça.» Graffenried, qui vit à Paris, ne fait qu’une exception au boycott: «Je suis prêt à exposer dans les mosquées. Je veux rallumer le dialogue, faire rentrer les Suisses dans les lieux de culte musulman. C’est la preuve que, contrairement à ce que certains prétendent, ma réaction n'est pas négative, assure Michael von Graffenried.
Boycott. Le mot est fort. Il a provoqué une pluie de commentaires, 100% négatifs, sur le site du Tages Anzeiger. Du style: «Qu'il reste en France, on n'a pas besoin de ses photos sinistres». «Mais j'ai aussi reçu beaucoup d'échos positifs sur mon mail, de gens qui comprenaient mon geste.»
Ce boycott artistique rappelle celui du plasticien Thomas Hirschhorn, qui refusait de travailler dans son pays tant que Christoph Blocher siégeait au Conseil fédéral. «Sauf que moi, je ne suis pas prêt de rentrer», redoute le Bernois.
Source: swissinfo
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