La finance islamique à la conquête de nouveaux marchés
France(IQNA)- Le développement de la finance islamique repose sur la conquête de nouveaux marchés, en Europe et en Asie, et sur des avancées législatives dans ses marchés historiques.
La crise financière a freiné la croissance spectaculaire du marché des instruments de finance islamique. En 2008, les volumes d'émissions de « sukuks », ces obligations conformes aux principes de la charia (loi islamique), ont fondu de moitié par rapport au record historique de l'année précédente, estimé à environ 30 milliards de dollars.
Le rebond observé en 2009 n'a pas permis de renouer avec les niveaux d'avant la crise. Les émetteurs privés ont été très peu actifs, à l'exception de quelques entreprises bien notées. Les reports de levées de fonds ont été nombreux. « La croissance de la finance islamique devrait être soutenue cette année, notamment grâce à son expansion géographique », assure Standard & Poor's.
Moody's s'attend pour sa part à une relative stabilité des volumes de « sukuks » émis en 2010 par rapport à l'an passé, mais croit surtout à une amélioration dans les années à venir. « Selon nous, la réglementation et les lois vont changer en 2010, notamment dans de nouveaux pays, comme cela a été le cas au Luxembourg, au Royaume-Uni et en Indonésie », affirme Faisal Hijazi, de Moody's.
Les espoirs reposent en particulier sur la France, l'Australie, le Japon, la Corée du Sud et la Thaïlande. Par ailleurs, compte tenu de son avance, le Royaume-Uni devrait être le premier marché européen où sera émise une obligation islamique. Les émissions potentielles devraient concerner les entreprises - certaines ont des besoins de financement pressants, note Moody's -plutôt que les gouvernements.
Les marchés plus traditionnels, comme les pays du Golfe ou la Malaisie (plus gros émetteur en 2009), devraient par ailleurs gagner en maturité et soutenir aussi le développement de la finance islamique. En Arabie saoudite, une loi devrait par exemple permettre au marché du crédit immobilier de prendre de l'ampleur. D'autre part, le marché des dérivés islamiques est en train de se structurer avec le soutien de l'Isda (International Swaps and Derivatives Association), qui oeuvre à la standardisation des instruments. L'objectif est de développer les produits de couverture sur les « sukuks ».
Source: lesechos