La délégation de 43 rabbins, pour la plupart résidents de colonies de Cisjordanie, accompagnée de deux députés d'extrême droite, a été autorisée par la police à se rendre sur l'esplanade, comme au cours des années précédentes, en prévision de la célébration mercredi de la "Journée de Jérusalem".
Cette journée marque pour Israël le 43ème anniversaire de la "réunification" de la ville, selon le calendrier hébraïque, après la conquête de sa partie orientale lors de guerre israélo-arabe de juin 1967, dite des "Six Jours".
Selon le site Ynet du quotidien Yediot Aharonot, les rabbins ont prié avant de monter sur l'esplanade.
Le porte-parole de la police de Jérusalem, Shmulik Ben Ruby, a confirmé qu'ils avaient été autorisés à se rendre sur l'esplanade.
Mais la police "interdit formellement" les prières sur le site, appelé Mont du temple par les juifs et les chrétiens, a-t-il rappelé.
"Notre présence ici vient signifier que le site le plus sacré n'est pas le Mur occidental mais le Mont du temple" a déclaré à Ynet le député Ouri Ariel de liste de l'Union nationale (4 députés sur 120).
L'esplanade des Mosquées à Jérusalem est un lieu sacré à la fois pour l'islam, au potentiel explosif depuis des décennies.
Le rabbinat ultra-orthodoxe, à laquelle la délégation n'est pas affiliée, interdit aux fidèles de s'y rendre de crainte qu'ils ne foulent le "Saint des Saints" et ne provoquent le monde musulman.
Appelée par les musulmans Al-Haram al-Charif (Noble Sanctuaire), l'esplanade héberge la mosquée Al-Aqsa et celle du Dôme du Rocher. Elle est le troisième lieu saint de l'islam après La Mecque et Médine, en Arabie saoudite.
Des groupuscules ultranationalistes juifs, qui veulent reconstruire le Temple, ont bravé à plusieurs reprises cet interdit, provoquant des heurts avec les musulmans.
Des dignitaires et des organisations musulmanes accusent ces groupuscules de chercher, avec la complicité des autorités qui le nient, à détruire l'esplanade et à reconstruire le Temple à son emplacement.
Le 28 septembre 2000, une visite perçue comme provocatrice du chef de la droite israélienne Ariel Sharon sur la même esplanade avait déclenché la seconde Intifada.
L'esplanade des Mosquées est gérée par l'Office des biens musulmans, le Waqf, indépendamment de l'administration israélienne, mais la police israélienne dispose d'un poste sur le site et en contrôle les accès.
Depuis 2003, la police autorise des visites de juifs en petits groupes, sans autorisation du Waqf, mais leur interdit d'y prier.
Source: AFP