Discours du secrétaire général de l'OCI à la 37eme session du conseil des ministres des affaires étrangères
Tadjikistan(IQNA)- Le secrétaire général de l'OCI a souhaité la bienvenue à l'occasion de la cérémonie inaugurale de cette importante 37ème session du Conseil des Ministres des Affaires étrangères de l'OCI, qui tient ses assises dans cette belle ville de Douchanbé, capitale de la République du Tadjikistan.
Selon lui, La réunion de Douchanbé revêt une très grande importance du fait que c'est la toute première session du CMAE à se tenir dans l'un des Etats membres de l'OCI appartenant à la région de l'Asie centrale, qui ont rejoint nos rangs au lendemain de leur accession à l'indépendance. Nous leur souhaitons chaleureusement la bienvenue et formons le vœu que les cinq pays frères concernés, eu égard à leur passé glorieux et à leur contribution incommensurable à l'enrichissement de la civilisation islamique, deviendront un élément moteur dans le processus de renforcement de notre organisation et de consolidation de la solidarité islamique.
La chronique de l'histoire de l'Islam porte en elle le témoignage éloquent de l’abondante richesse culturelle et de l'apport jurisprudentiel immense légués à la civilisation islamique par les fils illustres de cette région du monde musulman, qui fut à juste titre les pionniers du savoir authentique et de l'érudition.
La réforme tant attendue de l'OCI est déjà amorcée et commence à prendre racine. Les activités du Secrétariat général ont été améliorées et diversifiées.
Le résultat en est que la performance et le fonctionnement de l'OCI se sont nettement améliorés afin de mieux servir et de mieux plaider les causes et les préoccupations du monde musulman. Du même coup, l'Organisation a vu son statut et son prestige grandir aux yeux du monde entier.
Un acquis remarquable a été réalisé pour réussir à consolider et à unifier le mode de vote des Etats membres dans les fora internationaux et sur les questions fondamentales qui nous interpellent. Ce faisant, nous avons pu former un bloc de vote puissant fédérant 57 pays différents et faisant de leur assentiment une condition quasiment incontournable pour faire passer les décisions ou les résolutions internationales majeures.
Dans ce contexte, le secrétaire général de l'OCI aimerait saisir cette opportunité pour en appeler à l'excellence afin de demander à vos représentants dans les fora internationaux de garder le cap et de respecter le mode de vote agréé par les réunions officielles de l'OCI ou bien par les groupes de l'OCI à l'étranger.
Au cours des quelques années écoulées, et dans le but de tenter d'endiguer la montée de l'islamophobie, l'OCI a établi des contacts directs avec plusieurs membres des ministères des Affaires étrangères des pays occidentaux.
L'OCI a également approché de nombreux hauts responsables, de même que les ténors des cercles académiques et intellectuels d'Europe et des Etats Unis. Au nombre des personnes contactées, le secrétaire général de l'OCI citerait notamment les Ministres des Affaires étrangères de Suisse, de France, d'Allemagne, du Danemark, d'Espagne, du Royaume Uni, des Etats Unis, de Finlande et des Pays-Bas.
Ces démarches ont également touché les officiels de haut rang des organisations internationales compétentes en Occident, dont l'Union Européenne, l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), l'UNESCO, les institutions des droits de l'homme, les centres de recherche et les fora de dialogue entre les civilisations basées en Occident, y compris l'Alliance des civilisations des Nations Unies.
Le secrétaire général de l'OCI a dit: "Nous avons été profondément choqués par la décision d'interdire la construction de minarets en Suisse, à la suite d'un referendum approuvé par le peuple Suisse et qui a acquis par conséquent force de loi. J'ai eu plusieurs entretiens avec le Ministre Suisse des affaires étrangères à ce sujet depuis l'année 2007. Le Gouvernement helvétique a indiqué qu'il était opposé à cette interdiction mais qu'il lui était impossible de passer outre le résultat du referendum. Nous avons perçu cet acte comme un paradigme inquiétant qui ne fait qu'attiser les manifestations d'islamophobie en Europe, du niveau des individus jusqu'à celui de l’arsenal législatif. Il s'agit en l'occurrence d'un préjugé constitutionnalisé et institutionnalisé contre les musulmans et d'une atteinte aux droits et à la liberté de religion des musulmans."
Il a continué: "Nous avons appelé à une réunion des représentants permanents de nos Etats membres qui s'est tenue effectivement le 31 janvier. Cette réunion a dénoncé la nouvelle loi Suisse en tant qu'acte de discrimination devant être abrogé. D’autant que cette nouvelle loi a déjà eu des conséquences graves. En fait, la vague de haine à l’encontre de l'Islam et des immigrants musulmans est devenue une sorte de « marchandise politique » et « un atout gagnant » entre les mains des partis politiques qui en ont fait leur fond de commerce électoral. Vu la gravité de la situation, et étant donné que nous préférons regarder résolument vers l'avenir, j'aimerais vous dire que toute avancée réelle dans ce domaine requiert une interaction directe de la part des Etats membres avec les officiels des pays occidentaux. Je voudrais donc vous suggérer de tenir une réunion ministérielle de haut niveau pour adopter un plan islamique d'interaction avec l'Occident sur l'islamophobie, pour défendre nos justes causes et pour endiguer la déferlante de la haine à l'égard de l'Islam. Je vous propose également de faire figurer la question de l'islamophobie dans toutes les interactions des Etats membres avec leurs interlocuteurs occidentaux."
Le secrétaire général de l'OCI a poursuit: "la situation en Palestine et dans la ville d'al-Qods al-Sharif va de mal en pis depuis l'arrivée au pouvoir des partis radicaux de droite en Israël. Ces partis se sont donnés un agenda clair, qui repose sur la confiscation du maximum de territoires palestiniens occupés, la construction d'implantations sur ces territoires et le parachèvement de la judaïsation complète de la ville sainte d'al-Qods.
La nouvelle situation requiert une position ferme et unie de la part de tous les pays de l’OCI, avant qu’il ne soit tard. A notre niveau, nous avons tenu une réunion ministérielle du Comité exécutif de l’OCI, le 1er novembre 2009, pour examiner cette sérieuse question. Nous avons envoyé une mission conjointe OCI/BID à Al Qods pour s’informer de la situation dans les secteurs tels que l’habitat, l’éducation, la santé et le statut social des palestiniens de Jérusalem Est. Nous avons commencé à financer certains projets prioritaires dans les secteurs vitaux de la ville sainte. En outre, j’ai envoyé des messages d’urgence aux Ministres des pays leader du monde, y compris les membres du quartet, pour attirer leur attention sur la nouvelle situation explosive qui se crée sur le terrain.
Suite à l’agression d’Israël sur la bande de Gaza, nous avons envoyé des caravanes de secours et de matériel médical aux populations de la Bande. Sur le front politique nous avons appelé à une réunion d’urgence de Conseil des droits de l’Homme de l’ONU pour examiner l’agression israélienne. Nous avons réussi à convaincre la Conseil d’envoyer une mission d’information à Gaza conduite par le juge international Goldstein. Nous avons travaillé dure pour que le rapport du juge Goldstein soit adopté par le Conseil et transmis aux Nations Unies comme étape préliminaire à sa transmission au tribunal pénal international."
Au Cachemire, l’OCI a constamment exprimé sa préoccupation à propos de l’absence de progrès significatif dans la mise en œuvre de la décision du Conseil de sécurité de l’ONU sur le droit à l’autodétermination du peuple cachemiri. Un nouveau représentant du Secrétaire général de l’OCI au Jammu et Cachemire a été récemment nommé et effectuera une visite sur le terrain dans un futur proche. En ce qui concerne l’Azerbaïdjan, nous soutenons l’intégrité territoriale de ce pays et appelons à une mise en œuvre rapide des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité sur la question.
Source: OCI