Colloque sous le thème "l’islam en France et en Europe" à l’université Paris X-Nanterre
Paris(IQNA)- « L’islam en France et en Europe, hier, aujourd’hui et demain. Pour une philosophie de vivre et construire ensemble l’avenir », tel est le thème du colloque organisé par l’Institut français interdisciplinaire des langues et des sciences de l’homme (IFILASH), à l’université Paris X-Nanterre.
En faisant le choix de réunir des personnalités venant d’horizons divers, voire diamétralement opposés, Françoise Duthu souhaitait voir sa thématique, celle de la participation des musulmans au vivre-ensemble dans les sociétés européennes, présentée sous des angles variés.
Économiste, auteur de Le Maire et la Mosquée (Éd. de L’Harmattan), et une des organisatrices du colloque, avec Maher el-Munajjed, linguiste, islamologue et comparatiste, elle aura réussi la prouesse de réunir sur une même estrade la sénatrice Alima Boumédiene-Thiery et le directeur du FIDEC (Forum international de dialogue et d’entente entre les civilisations) Abdallah Ben Mansour. Un alliage qui aura mené à un vrai débat mais aussi à de réels accrochages.
Le colloque débute avec une approche juridique, celle que présente la sénatrice Alima Boumédiene-Thiery (Verts). « Il est important de voir combien chaque fait divers entraîne le vote d’une loi », voire plusieurs, déclare-t-elle avant de revenir sur le cas de la burqa, qui débouchera sur une loi interdisant le voile intégral, une autre sur la déchéance de la nationalité et des recommandations s’agissant des attributions d’allocations familiales.
Une « inflation jurisprudentielle », qui amène la sénatrice à une conclusion : ses « collègues ne comprennent pas qu’avec des textes tels que ceux sur l’immigration, le mariage ou encore la nationalité, ce sont les libertés de toute la société qui reculent ». « Demain, ils seront piégés par ces textes », souligne-t-elle.
Françoise Duthu aura, elle, choisi l’approche sociologique, en revenant sur son ouvrage-enquête Le Maire et la Mosquée. « L’espace local est le lieu central de la gestion de l’islam » en France, précise-t-elle d’emblée, reprenant ainsi les propos de Jocelyne Césari, spécialiste des minorités musulmanes en Europe et aux États-Unis. Et cette gestion n’est pas la même selon les villes (au cours de son enquête, elle a traité les cas de Montreuil, d’Argenteuil, de Créteil, de Bobigny et de Rosny-sous-Bois).
Il préconise donc, d’une part, un « accompagnement théologique par le biais du Conseil européen de la fatwa » et, d’autre part, la « mise en place d’institutions permettant la sédentarisation de l’islam ». Il multiplie par ailleurs les anecdotes croustillantes mettant en scène des personnalités politiques ou encore les services secrets français.
Source: saphirnews