Finance islamique, ce qui la distingue des produits conventionnels

10:10 - June 08, 2010
Code de l'info: 1935998
Dakar(IQNA)- Yannik Benoist: "l’Islam prône plutôt le partage équitable des risques et des bénéfices".
Finance islamique, ce qui la distingue des produits conventionnels
Dakar(IQNA)- Yannik Benoist: "l’Islam prône plutôt le partage équitable des risques et des bénéfices".
Entretien avec Yannik Benoist, conseiller en entreprise sénégalaise.
-L’Economiste: Qu’est-ce qui différencie la finance islamique de la finance conventionnelle?
-Yannick Benoist: Elles ont une même finalité, mais des règles de fonctionnement différentes. D’abord pour la raison d’être même de ces deux systèmes financiers, basés sur la mobilisation des ressources et leur allocation entre différents projets d’investissement. Ensuite, en finance conventionnelle, la norme qui préside aux décisions d’un banquier est l’optimisation du couple rendement-risque de ses placements.
Tandis qu’un agent de la finance islamique fonde sa démarche pour que la profitabilité ne soit pas l’unique ni le principal critère de décision, répondant ainsi à la tradition islamique qui s’oppose à l’aspect fixe et prédéterminé de l’intérêt. L’Islam prône plutôt le partage équitable des risques et des bénéfices.

- Est-ce que les a priori sur l’Islam sont un frein au développement de la finance islamique?
- Oui en effet. Mais la finance islamique est un univers construit autour de quelques grands principes positifs ainsi que sur quelques interdits. Elle repose globalement sur cinq piliers dont des principes négatifs que sont le «riba» (usure, intérêt), le «gharar» (incertitude), le «maysir» (spéculation) et le «haram» (illicite). Les deux points positifs sont l’obligation de partage des profits et des pertes et le principe d’adossement à un actif tangible.

- Qu’est-ce qui fonde aujourd’hui les produits financiers dits islamiques?
- Dans les pays où les institutions financières islamiques ont droit de cité, on retrouve plusieurs pratiques au sein des banques et sociétés de placement, notamment des opérations commerciales (mourabaha, salam, qard al hasan, taajir, bai mouajjal, ijara, istisna) et d’investissement.
La «mourabaha» ou vente à bénéfices constitue 60% des financements. La «moucharaka», une adaptation islamique du capital investissement où la banque s’engage à financer un projet et à en partager les profits et les pertes qui en découlent en fonction d’un ratio préétabli, relève des opérations d’investissement.
C’est un prêt à court terme sans intérêt rémunéré par une marge prédéterminée. La «Ijara» où la banque achète un bien et le loue à son client avec une promesse de vente à terme est également un investissement.
Source: leconomiste
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