« Pour moi la mort n’est pas un tabou. J’aimerais être enterré ici, à proximité de mes grands-parents Français qui reposent quelques mètres plus loin» avoue Medhi Charif.
Aujourd'hui, faute d'espaces adaptés, « 80 % des musulmans de France sont rapatriés dans leur pays d’origine pour y être inhumés », constate Azzedine Gaci, président du Conseil régional du culte musulman de Rhône-Alpes. Mais avec le vieillissement de la seconde génération, qui est née et s’est forgée ses souvenirs en France, nul doute que la demande en lieux d’inhumation musulmans va grimper en flèche dans les décennies à venir.
Pour Abdelwaheb Bakli, délégué du CRCM Rhône-Alpes, pour le département de la Loire, il en faudrait bien « 600 en France, une trentaine en Rhône-Alpes, et une dizaine dans (son) département ».
La mairie de Strasbourg, elle aussi, a bien compris ce phénomène. Lundi 7 juin , elle a voté à l’unanimité et pour la première fois en France la création d’un cimetière musulman placé sous gestion publique, qui devrait lui coûter environ 800 000 euros.
Ce cimetière verra le jour d’ici à l’automne 2011, et s’étendra sur 25 000 m². Une décision prise grâce à la spécificité du droit local alsacien et mosellan, et vivement saluée par la communauté musulmane de la ville, qui y voit « un signe d’intégration ».
Jusqu’alors, selon Atmane Aggoun, sociologue et chercheur associé au CNRS, il n’existait que deux cimetières musulmans, à La Réunion et à Bobigny (Seine-Saint-Denis), et seulement 70 carrés musulmans dans des cimetières communaux, dont 23 en Île-de-France.
Source: Safirnews