Les musulmans sont surtout des convertis en Bolivie

13:22 - July 21, 2010
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Bolivie(IQNA)- Alors qu'en Europe, les mosquées sont en grande partie fréquentées par des musulmans immigrés de pays musulmans, la mosquée de Santa Cruz de la Sierra, deuxième grande ville de Bolivie, compte avant tout par des Boliviens convertis parmi ses fidèles.
Vendredi, début d'après-midi. La prière du vendredi vient de prendre fin, et les femmes sont toutes voilées de près, et, avec leurs grands yeux noirs et leurs rondeurs naturelles, elles ressemblent curieusement à leurs sœurs musulmanes du sud de la Méditerranée. Pourtant, elles sont toutes Boliviennes, converties à l'Islam.
Dans une ville comme Santa Cruz, où le dernier recensement du département en 1992 compte plus de 79% de catholiques, se convertir à l'islam. Encore plus curieux de constater que, selon les dires de l'imam et d'un fidèle de la mosquée, la grande majorité des musulmans fréquentant la seule mosquée de la ville sont des Boliviens convertis. Selon Ramiro, qui fréquente la mosquée depuis une bonne dizaine d'années, sur les 300 membres, seule une petite minorité est composée de familles originaires de pays arabes ou musulmans, dont l'Inde et le Bengladesh.
L'imam de la mosquée de Santa Cruz de la Sierra est formel: il vaut mieux être musulman en Bolivie qu'en Europe. Alors que selon lui, celle-ci s'enferme dans sa haine de l'islam, la Bolivie reste un pays accueillant, démocratique et où la liberté de confession est garantie. Il faut dire que le nombre des étrangers en Bolivie est très faible, et nous avons vu que la population musulmane y est en majorité formée de convertis. Mais ce détail importe peu à Mahmud Amer, d'origine palestinienne, fondateur de la seule mosquée de Santa Cruz.
A la question de savoir si l'arrivée au pouvoir d'Evo Morales et sa nouvelle Constitution reconnaissant la pluralité religieuse du pays a changé la vie des musulmans en Bolivie, Mahmud Amer répond par la négative. La liberté de culte existait même avant Evo Morales, même si la seule religion d'Etat reconnue était alors le catholicisme.
Malgré son enthousiasme affiché, l'imam doit bien reconnaître que, s'il jouit d'une paix quasi-totale dans la gestion des affaires de sa mosquée, il ne peut pas non plus compter sur une quelconque aide de l'Etat, qui «n'a pas l'habitude d'aider les confessions», avoue-t-il. «Le gouvernement se décharge de ses responsabilités, cela ne sert donc à rien de lui demander quoi que ce soit», ajoute-t-il. En échange, la flexibilité du système et la non-intervention du gouvernement dans ses affaires lui permet de jouir d'une liberté de gestion qu'il apprécie hautement.
Sa mosquée, qui existe depuis 1994, compte quelque 300 membres, et la prière du vendredi attire régulièrement une bonne cinquantaine de personnes, dont une grande majorité de Boliviens convertis.
Source: religion
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