L’éphémère effervescence religieuse des musulmans du 12ème mois

13:38 - August 17, 2010
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Sénégal(IQNA)- Les Sénégalais prient davantage durant le mois ramadan. Ils offrent plus de charité aux démunis. Ils en profitent, aussi, pour mieux connaître leur religion. Ils adoptent de nouvelles attitudes. Le ramadan est, sans conteste, pour certains Sénégalais musulmans, le temps éphémère d’une effervescence religieuse.
Au 2e étage de la Faculté des Lettres, les étudiants ont les yeux sur les tableaux d’affichage. C’est la période angoissante des délibérations des examens de la première session. Papa Meïssa Mboup dégage l’allure d’un sahélien avec son visage mince. Il vient de franchir le cap de la 2e année. Il regarde une affiche où il est écrit : « Le dahira Moutamassikina organise, le 7 août 2010 à Malika, une conférence religieuse ».
Le Ramadan, c’est aussi la période de ce genre de rencontres où l’on discute de religion. Le jeune étudiant s’apprête à revoir un peu son comportement durant ce mois de regain de dévotion.
« J’essaie de respecter de façon beaucoup plus rigoureuse les préceptes de l’Islam. Je lis beaucoup plus le Coran durant cette période. C’est un moment de privation qui mérite tous les sacrifices », confesse l’étudiant qui sera inscrit en licence l’année académique à venir.
Le couloir retrouve plus son calme, au fur et à mesure que les heures passent. Les étudiants sortent de la bibliothèque pour rentrer ou regagner le campus. Les cheveux noirs, la démarche raide, Bouba Baldé, étudiant en année de licence arabe, vient de quitter la bibliothèque de son département. Comme plusieurs arabisants, il se targue d’être musulman pratiquant. Il consacre plus de temps à la prière durant le ramadan.
« Aussi bien au mois de ramadan que durant les autres mois, je respecte les heures de prière. Je suis musulman durant toute l’année, même si, en période de ramadan, je fais plus de prières surérogatoires et je lis plus le Coran les dix derniers jours », confie Bouba Baldé. Vêtu d’un pantalon marron et d’un t-shirt, Il n’affiche pourtant aucun signe de son appartenance religieuse. Tout le contraire de Serigne Bassirou Dia, qui laisse pousser une barbichette. Il échange avec ses camarades sur le déroulement des examens et sur les résultats. Des rires ponctuent leurs échanges.
On s’approche de lui et tout naturellement, Serigne Bassirou Dia nous ouvre son carnet de bord durant la période de ramadan. Lecture du Coran et culture de l’entraide rythment la vie de cet étudiant en 4e année au département d’arabe. « Au Sénégal, c’est vrai que c’est au mois de ramadan que l’on observe plus d’attitudes d’un bon musulman. Cela est compréhensible. Pour ma part, je lis deux fois plus le Coran », confie Serigne Bassirou Dia.
Un autre étudiant en 4e année est dans un grand boubou blanc. Sa barbe bien touffue, les oreilles bouchées par les écouteurs, il n’a pas de temps à perdre. Il fustige l’attitude des fidèles qui ne respectent les principes de l’Islam que durant un mois. « C’est dommage, les Sénégalais pensent qu’être musulman, c’est uniquement durant un mois.
L’Islam, c’est dans le comportement de tous les jours », clame l’étudiant qui ajuste son sac à dos avant de prendre congé de nous. Au marché Castors, le vendredi 6 août 2010, à 11 heures, des vendeuses hèlent les clientes. « Venez prendre du poisson frais ! ». Un autre garçon expose des tasses en céramique au milieu de cette route couverte par les étals d’oseille et de choux. Il est difficile de se frayer un passage.
Partout, on crie pour attirer la clientèle. Dans cette effervescence, Marième Dia ne se laisse pas envahir par l’ambiance. Elle est dans une tenue traditionnelle rose assortie d’une broderie à la hauteur de la poitrine. La demoiselle se conforme plus au respect des recommandations de l’Islam.
« Je m’habille de façon décente, parce qu’après tout, nous sommes des musulmans. Je pense que beaucoup de filles adoptent de nouvelles attitudes durant cette période », glisse la demoiselle.
Source: lesoleil
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