L'imam Moussa Sadr et le renouveau du mouvement chiite au Liban

11:22 - February 23, 2011
Code de l'info: 2084993
Liban(IQNA)- Les Chiites iraniens et libanais ont des relations historiques. Il y a 600 ans, des religieux iraniens sont venus au Liban pour suivre leurs études et à l'époque des Safavides, des religieux libanais comme le Cheikh Baha'i et Mohaghegh Korki, sont venus en Iran où ils ont développé la culture chiite.
Seyed Mohamad Hossein Re'iszadeh, attaché culturel de l'ambassade de la République islamique d'Iran, dans un entretien avec l'Agence iranienne de presse coranique, a déclaré que l'imam Moussa Sadr était d'origine iranienne et avait eu une grande influence sur les développements du mouvement chiite au Liban.
"Les Chiites iraniens et libanais ont des relations historiques. Il y a 600 ans, des religieux iraniens sont venus au Liban pour suivre leurs études et à l'époque des Safavides, des religieux libanais comme le Cheikh Baha'i et Mohaghegh Korki, sont venus en Iran où ils ont développé la culture chiite.
Suite aux politiques des gouvernements dictatoriaux et ottomans pour affaiblir et faire disparaitre le chiisme au Liban, les chiites ont été obligés de cacher leur appartenance à l'école des Ahl-ul-bayt (AS) et peu à peu, le chiisme s'est affaibli et a disparu de certaines régions libanaises.
Des régions et des villes importantes sont devenues sunnites ou chrétiennes, alors que des centres importants chiites y existaient comme dans les villes de Djénine et de Djaba qui sont les villes où vécurent les deux célèbres martyrs fondateurs de la jurisprudence chiite, et des centres importants d'enseignement islamique.
A tripoli les chiites étaient très nombreux et cette ville possédait la plus grande bibliothèque du Moyen Orient qui a été détruite lors de l'attaque des Ottomans. Il y a même des chrétiens dans ces villes dont la généalogie montre qu'ils sont Seyed.
Après cela, nous ne trouvons pas de personnalité chiite influente, jusqu'à l'apparition de l'imam Moussa Sadr, élève de l'imam Khomeiny, qui avait fait ses études à Qom et était le compagnon de religieux révolutionnaires comme l'Ayatollah Behechti. L'imam Moussa Sadr a fait de grands efforts au Liban pour le rapprochement des religions et des écoles islamiques. Il fut le promoteur du dialogue interreligieux et donna le premier texte sur l'union chrétienne et islamique en 1965. Il fit aussi de grands efforts pour faire disparaitre la pauvreté au Liban avec la création du Parti Amal qui travaillait en faveur des déshérités dans les différentes populations, chrétiennes et musulmanes du Liban.
Le Liban avait été le terrain continu de batailles entres les adeptes des différentes religions, dont la dernière en date fut la guerre de 1975, qui dura 15 ans. L'imam Moussa Sadr fit un discours dans l'église de Dir-ol-Ahmar, où il expliqua qu'en tant que chiite, il était opposé à cette guerre et qu'il voulait que les combats cessent immédiatement. Il expliqua que ce conflit n'était pas un conflit religieux mais un conflit politique dirigé de l'étranger. Il entreprit même une grève de la faim dans la mosquée de Safa. Les dirigeants des parties en conflit vinrent lui rendre visite et les discussions eurent des résultats efficaces sur la fin du conflit qui arriva alors que l'imam Moussa Sadr avait été enlevé et emmené vers une destination inconnue.
Pour lui, l'ennemi authentique était le régime sioniste qui semait la discorde entre les chrétiens et les musulmans. Il entreprit des actions pour former les gens au combat armé pour qu'ils puissent se défendre en cas d'attaque des occupants sionistes.
Avant l'arrivée de Moussa Sadr au Liban, à l'époque de l'impérialisme ottoman et français, les chiites étaient privés d'instruction et de recours juridique. Ils étaient obligés de recourir à des tribunaux sunnites, pour leurs affaires juridiques, l'enregistrement des mariages et les affaires de succession. Les représentants chiites au Parlement étaient peu nombreux et étaient des gens choisis par les sunnites ou les chrétiens.
Il entreprit donc des cours d'enseignement chiite et donna des bourses d'étude aux étudiants chiites. Le Haut Conseil des chiites fut aussi créé et reconnu par le gouvernement de façon officielle, dont il devint le secrétaire général.
La victoire de la Révolution islamique d'Iran lui permit de trouver un soutien important dans ses actions culturelles, sociales et politiques. Les activités s'accélérèrent et aujourd'hui, les chiites libanais ont une place importante dans les activités politiques, militaires et sociales au Liban. Personne ne peut nier leur rôle dans les affaires politiques et économiques au Liban et même dans la région.
Ces actions de l'imam Moussa Sadr ne plurent pas aux grandes puissances impérialistes qui ressentaient un danger ainsi que les gouvernements mercenaires de la région. Personne ne s'occupa donc de sa disparition sauf la République islamique d'Iran qui a rencontré beaucoup d'obstacles et n'est pas arrivée à un résultat et des conclusions satisfaisantes.
Nous espérons qu'il pourra revenir le plus vite possible dans sa patrie et que la communauté islamique pourra de nouveau profiter de ses enseignements.
Pour une plus grande union des religions et des écoles islamiques, il suffit de repérer les points communs et de régler de façon logique et rationnelle, les cas de divergences. C'est de cette manière que l'imam Moussa Sadr a réussi à défendre l'idéologie chiite et à donner du chiisme une image positive", a-t-il dit.
750562
captcha