La nécessité et les conditions d'un travail de traduction coranique

15:12 - April 09, 2011
Code de l'info: 2102295
Téhéran(IQNA)- Certains sont opposés au travail de traduction du Coran qui est un miracle divin, tant au niveau du vocabulaire que du sens, et estiment qu'il est impossible de répéter ce miracle dans une autre langue.
L'Hodjat-ol-islam Mohamad Sadegh Yussefi Moghadam, responsable du centre culturel des sciences islamiques, dans un entretien avec l'Agence iranienne de presse coranique, a déclaré que le travail des traductions coraniques était nécessaire pour la société islamique et un des travaux les plus difficiles.
"Certains sont opposés au travail de traduction du Coran qui est un miracle divin, tant au niveau du vocabulaire que du sens, et estiment qu'il est impossible de répéter ce miracle dans une autre langue. Selon eux, les traducteurs utilisent leurs propres interprétations des versets dans les traductions et la meilleure preuve à leur avis, est l'ensemble des divergences qui existent dans les traductions qui montrent l'incapacité des traducteurs à transmettre les sens coraniques dans d'autres langues. D'autres personnes considèrent les traductions comme un ravalement du texte initial, car la langue cible n'est pas un miracle comme nous le considérons dans la langue coranique qui est un texte révélé.
Il est vrai que le rythme coranique renferme une spiritualité et un attrait qui n'existent pas dans les traductions très loin de l'objectif coranique qui est de guider les gens et de les toucher au plus profond d'eux-mêmes.
Ces arguments paraissent tout à fait acceptables et nous devons trouver des arguments de poids pour autoriser quand même le travail de traduction. Nous n'avons jamais dit que le traducteur coranique voulait faire le même miracle que celui qui existe dans le Coran révélé, il y a beaucoup de gens dans le monde de l'islam qui ne connaissent pas l'arabe et ont envie de connaitre les principes coraniques.
Est-ce que ces gens doivent être privés de ces connaissances ?
Le rôle du traducteur est de présenter certains principes coraniques. Le principe «مالایُدرَك كُلُّهُ، لا یُترَك كُلُّهُ» est un principe général qui signifie que nous pouvons répondre en partie à certains besoins même si nous ne pouvons pas le faire en totalité. Les traductions peuvent en partie, répondre à cette soif de connaissances. Si la traduction parfaite et complète du Coran est impossible, cela ne signifie pas qu'elle est tout à fait inutile, nous sommes entre deux vérités, celle de l'impossibilité de traduire et de répéter le miracle coranique, et la nécessité de répondre aux attentes des musulmans qui ne connaissent pas la langue arabe. Nous sommes donc obligés de faire un choix et de traduire tout en sachant que nous ne serons jamais capables de retransmettre les sens coraniques dans leur totalité.
Il est nécessaire qu'un traducteur connaisse parfaitement la langue d'origine, un traducteur coranique devra assurément très bien connaître la langue et la grammaire arabe, et connaitre aussi les différents commentaires. Il est impossible de traduire de façon différente les mêmes termes d'un sujet, il est donc recommandé de choisir un commentaire et de s'en servir jusqu'au bout, dans la traduction.
Une autre condition pour être un bon traducteur coranique est la vertu. Le verset 29 de la sourate Anfal: «إن تَتَّقُ الله یَجعَل لَكُم فُرقاناً» signifie que Dieu accordera aux vertueux le discernement et la possibilité de connaitre la vérité et le mensonge.
De même le verset 79 de la sourate Vaghehe: «لا یَمَسُّهُ إلا المُطَهَّرون»
qui nous explique que seuls les "purifiés" peuvent toucher le Coran. Cela ne se limite pas à une purification physique mais s'étend à la purification morale et signifie que seuls les purifiés et les vertueux sont capables de comprendre les sens élevés du Coran. Il faut pour comprendre les sens coraniques, être en quelque sorte initié à la morale islamique, cela est aussi vrai pour un traducteur qui doit avoir suivi cette initiation spirituelle pour pouvoir transmettre au mieux, les sens coraniques", a expliqué l'Hodjat-ol-islam Mohamad Sadegh Yussefi Moghadam.
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