Les efforts de l'imam Moussa Sadr ont contribué à un rapprochement des adeptes des différentes religions

12:06 - April 22, 2011
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Article(IQNA)- Cet article présente une étude des œuvres de l'imam Moussa Sadr sous un angle pédagogique, étant donné que l'imam Moussa Sadr n'a pas proposé de système d'éducation à proprement parler.
La recherche de Mahmoud Sa'idi Rezvani, Hossein Baghgoli et Marzieh Namrah, sur les méthodes pédagogiques de l'imam Moussa Sadr, a été publiée et présentée lors d'une conférence internationale en 2010, à Machhad. Cette recherche concerne la morale et la raison chez l'Imam Moussa Sadr.
Cet article présente une étude des œuvres de l'imam Moussa Sadr sous un angle pédagogique, étant donné que l'imam Moussa Sadr n'a pas proposé de système d'éducation à proprement parler. Seule une étude orientée de ses œuvres permettra de comprendre les solutions que l'imam Moussa Sadr avait apportées dans ce domaine.
Nous avons donc étudié 10 livres de l'imam Moussa Sadr pour en extraire les principes pédagogiques. Cette étude nous a montré que la question de l'éducation était un des principaux soucis de Moussa Sadr, en tant que dirigeant religieux et politique. Il a essayé, en suivant les enseignements du Prophète et des Saints Imams (AS), de préparer le terrain à un engagement social au Liban.
L'imam Moussa Sadr en 1959, suivant les prescriptions des Ayatollahs Borujerdi, Hakim, Morteza Ale Yassin et Seyed Abdol Hossein Sharaf-o-din, ancien dirigeant des chiites libanais, a quitté l'Iran pour se rendre au Liban et procéder à des réformes sociales, économiques et politique, et montrer le respect du Liban pour les enseignements des Ahl-ul-Bayt (AS). Dès son entrée au Liban, tenant compte de la situation géographique, sociale et politique de ce pays, Moussa Sadr a commencé à travailler à la reconstruction de l'identité et de l'unité des chiites libanais, au dialogue interreligieux et au rapprochement des écoles islamiques, et à la constitution de la résistance au régime sioniste.
L'imam Moussa Sadr n'avait pas pour objectif l'élaboration d'un système pédagogique et d'éducation, son objectif était de provoquer des changements de comportement en utilisant les enseignements islamiques. Pour lui, l'éducation était l'objectif principal des enseignements islamiques et l'objectif de toutes ses activités sociales, politiques, culturelles ou économiques. Les angles de vision devaient être élargis au point de transformer les bases idéologiques et la vision de la vie. Son objectif était de redonner courage et confiance aux Libanais.
Dans cet article, nous avons aussi essayé de repérer les leitmotivs de Moussa Sadr, dans ses discours et ses écrits, et les solutions qu'il a présentées dans le domaine éducatif. Pour cela nous avons étudié les textes publiés en grande partie par l'Institut Moussa Sadr, et codé tous les textes qui étaient en rapport avec le domaine de l'éducation. Les différents sujets ont été rassemblés en cinq thèmes :
1- Les idées de Moussa Sadr sur le statut de l'être humain dans la création et l'éducation
2- L'influence des particularités naturelles sur l'éducation
3- L'influence du milieu de vie sur l'éducation
4- Les relations entre la foi et l'action, et l'éducation
5- Les solutions de Moussa Sadr dans le domaine éducatif
Les idées de Moussa Sadr sur le statut de l'être humain dans la création et l'éducation
Dans cette étude nous nous sommes limités aux déclarations ou aux textes publiés en persan ou traduits, de l'imam Moussa Sadr et avons mis de coté les déclarations d'autres personnes dans ce domaine.
En islam, le monde ne se résume pas au monde matériel, il existe un monde qui échappe à notre perception. L'être unique se manifeste de façons différentes, tout en étant unique, en d'autres termes, le monde et toute la création sont le résultat d'une Cause initiale créatrice qui est le Dieu unique. Tout ce qui existe dans la création est la manifestation de l'existence divine. Le monde a un but qui est la vie éternelle.
La vision de l'imam Moussa Sadr étant une vision islamique, est une vision cohérente et unifiante, et les actes humains s'expliquent dans leur relation directe avec l'être. Selon l'imam Moussa Sadr, "aucune action extérieure n'influe sur la vie humaine, en dehors de la relation de cause à effet qui existe entre l'être humain et le reste de la création. Toute la création est l'œuvre d'un Créateur unique et les enseignements islamiques tenant compte de ces relations entre l'être humain et la création, ont proposé des règles d'éducation dans le respect de cette harmonie.
"Dieu a présenté des règles qui permettent de tirer profit du monde et d'avoir une vie réussie et pure. Exactement comme le fait une usine de fabrication de voitures en donnant un mode d'emploi et en présentant les règles à respecter pour une utilisation optimum des véhicules", disait-il.
L'imam Moussa Sadr ne considérait pas les évènements séparés les uns des autres. Pour lui, ces évènements étaient au cœur de l'Histoire humaine et en mouvement continu. Au sujet du diable, l'imam Moussa Sadr a expliqué dans ses discours, que le conflit entre le mal et le bien, n'est pas un conflit limité au moment de la rébellion du diable mais qu'il s'agit d'un conflit qui continue et existera toujours dans la vie humaine.
Il écrit à ce sujet : " Le diable est le symbole des forces malfaisantes qui s'opposent aux forces du bien. La présence du Diable est la raison d'un conflit continu entre la vérité et le mal".
L'imam Moussa Sadr tentait d'interpréter les évènements survenus dans l'Histoire en fonction du contexte contemporain, pour en tirer des leçons et des enseignements utiles pour l'éducation. Au sujet de la tragédie de Karbala, il écrit :
"Cet évènement est unique dans l'Histoire. Il entre dans une chaine historique mais est différent de tous ses maillons, et les cérémonies que nous organisons à cette occasion ont pour objectif de garder cet évènement actuel et vivant, comme l'ont fait nos pères et les religieux dans l'Histoire de l'islam.
Ailleurs, au sujet de la promotion du Bien et de l'interdiction du vice, dans le mouvement de l'Imam Hossein (AS) il écrit :
"Est-ce que cette pratique concernait uniquement l'Imam Hossein (AS) ou toute la communauté à toutes les époques ? Si le mal s'étend aujourd'hui c'est parce que nous avons échoué dans le respect de cette règle religieuse et négligé les sacrifices de l'Imam Hossein (AS).
L'imam Moussa Sadr aussi beaucoup insisté sur la valeur de l'être humain et ses responsabilités, en présentant les évènements dans une chaine qui relie le passé au futur. La spiritualité dépasse le contexte temporel et l'être humain se sent responsable, en gardant un lien avec le passé et les évènements futurs.
Au sujet de la Résurrection, il déclaré : " La récompense des actes lors du jugement, est la réalité de ces actes dans un monde éternel. Le jour de la Résurrection est le résultat des actes et la manifestation de leur vérité intérieure et cachée. La récompense est donc "avec" l'acte, en fonction du Coran, mais reste invisible jusqu'au jour du jugement.
Un autre point important dans la pensée de Moussa Sadr est la convergence des messages prophétiques.
"Le message des prophètes est un message unique, s'il existe des différences, elles viennent de l'évolution de la vie humaine, sinon le caractère révolutionnaire des prophètes est commun à tous car ils sont les leaders de la libération qui est la même malgré les différents contextes historiques. Le message éducatif des prophètes est aussi le même et doit encourager les adeptes des différentes religions à avoir un regard positif sur les enseignements moraux de chacune d'entre elles. Les musulmans croient en tous les prophètes, "Une des croyances du Coran est la croyance aux différents prophètes divins. Le Coran insiste sur le fait que la foi au prophète de l'islam n'est pas suffisante et que les musulmans doivent aussi croire à tous les autres prophètes venus avant lui", a-t-il déclaré.
Les particularités de la nature humaine et l'éducation
L'objectif de Moussa Sadr était d'étendre la vision de ses contemporains en décrivant l'unité de la création et en prouvant l'existence d'un Dieu unique, pour qu'ils se sentent engagés dans un mouvement continu, et responsables. Son but était de dépasser les divergences apparentes qui existent entre les religions et de les relier entre elles.
Il semble qu'il avait ressenti que si les Libanais ne parvenaient pas à cette vision d'ensemble, ils reconnaitraient leur impuissance et l'impossibilité de sortir des problèmes que connaissait le pays. L'imam Moussa Sadr est donc arrivé en expliquant les évènements du passé dans le cadre contemporain, à définir le rôle de chaque être humain et de la jeune génération dans le contexte de l'époque.
Moussa Sadr avait une confiance totale dans la nature humaine, il disait : "Dans l'islam, tous les être humains sont nés purs et bons, ce sont les mauvaises conditions de milieu ou les intérêts qui empêchent la manifestation de cette nature pure et bonne, bien qu'elle ne cesse d'inviter les gens au bien.
Il se servait pour prouver cela, des versets coraniques et d'une démonstration sur la compréhension naturelle du bien et du mal.
"L'islam s'est servi des termes "pur" et "impur" pour désigner les bonnes et les mauvaises actions, l'islam a aussi invité tous les gens cela nous fait comprendre que tous les gens sont prêts de nature, à répondre à l'invitation divine", disait-il.
Pour lui, la responsabilité n'est pas une charge mais un signe de respect de l'être humain :
" La nature humaine l'invite à accepter la responsabilité de tous les actes, petits ou grands, des activités cachées ou visibles, et des dits et des non dits. La responsabilité est un signe du respect de l'être humain et montre qu'il est possible d'influencer les autres et de se réformer. Le respect de l'être humain est plus important que la relation avec Dieu, et va dans le sens des objectifs divins. L'être humain est une création divine et cela a une influence sur tous les aspects de sa nature. L'islam a fixé aux êtres humains des objectifs qui lui permettent de dépasser sa propre nature et d'évoluer sans cesse, vers des idéaux sublimes ", expliquait-il.
Cela poussait l'imam Moussa Sadr à considérer les prières et les actes d'adoration, non comme des devoirs imposés mais comme des façons de se libérer :
"A mon avis, tous les actes d'adoration définis dans la religion, permettent à l'être humain de se libérer et à progresser dans le domaine moral".
La libération dont il est question est la libération des liens et des passions, et permet à l'être humain de "profiter de sa liberté, de sa raison qui le distingue des autres créatures, et d'un libre arbitre relatif".
"L'être humain hésite entre le bien et le mal, sans être contraint dans ses choix, la liberté véritable consiste à se libérer des autres et de soi-même. La liberté dans ce sens est donc infinie car une liberté limitée par celle des autres est en fait l'amour de soi-même et une aliénation de l'âme. La liberté est le meilleur moyen pour activer et permettre la manifestation des capacités humaines", a-t-il déclaré.
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