Ahmad Abdoullah Abouzar Al Ameli, chercheur libanais et auteur de la plus complète biographie de l’Ayatollah Seyed Mohamad Bagher Sadr, a déclaré que l’imam Moussa Sadr, Grâce à sa connaissance des autres cultures, avait réussi à faire un lien entre les enseignements islamiques et universitaires.
« Les centres islamiques à cette époque, se consacraient à de nouvelles théories et approches culturelles notamment avec la publication de la revue « Maktab-e-islam » à laquelle coopérait l’imam Moussa Sadr. Après le décès d’Abdoul Hossein Sharaf-o-din, l’imam Moussa Sadr décida de prendre en main la direction des chiites.
Pour lui, l’islam avait un intérêt spécial pour l’acquisition de la science et il ne perdait jamais son temps à des occupations inutiles. A l’âge de 70 ans, il réunit toutes les recherches des professeurs de philosophie pour répondre aux questions auxquelles ils étaient confrontés. Ces recherches lui ont permis de comprendre que son objectif n’était pas uniquement une réponse aux critiques et aux questions, mais un équilibre entre les deux domaines théoriques et pratiques de la religion.
Dans la patience et les vertus, il ressemblait beaucoup à son cousin Seyed Mohamad Bagher Sadr. Leur grand père, Seyed Sadr-o-din Sadr, fils de Seyed Ismail Sadr Ameli, Référence religieuse du Liban, avait une grande réputation au Liban et leurs travaux ont contribué à l’apparition de la Révolution islamique en Iran et après sa victoire, au renforcement des groupes de résistance.
Moussa Sadr a très vite compris les particularités du Liban et que pour instaurer une unité nationale, il ne fallait pas agir comme dans les autres pays. Le Liban est un pays multiconfessionnel et seule la citoyenneté peut être l’axe commun des différentes ethnies. Le combat pour la justice de Moussa Sadr tenait compte de tous les Libanais sans distinction de religion ou de race. Son action a eu une grande influence sur le rapprochement des diverses tribus qui constituaient la population du Liban.
Ses efforts à court terme, dans les années 60, ont contribué au rehaussement de la dignité des chiites libanais ainsi que ses efforts à long terme dont les résultats sont visibles aujourd’hui. La création du Haut Conseil des chiites libanais contribua à la reconnaissance des droits des chiites, de la même manière que les droits des chrétiens et des autres minorités étaient respectés.
C’est lui qui a mis fin à l’exclusion des dirigeants chiites de la scène politique, à son avis l’islam n’était jamais coupé de la vie et c’était un devoir pour les religieux de participer aux activités politiques. Le rejet des chiites de la scène politique alors qu’ils constituaient la majorité de la population, ne faisait que les isoler et les affaiblir.
Malgré les efforts de Sharaf-o-din et de Moussa Sadr, les chiites vivaient dans les années 50 dans la plus grande pauvreté et subissaient de grandes injustices. En 1960, avec la création du Haut Conseil des chiites libanais, Moussa Sadr en 9 ans, réussit à combler le grand retard qu’avait pris la communauté chiite », a-t-il déclaré.
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