Elle va, à la rentrée prochaine, faire l'objet d'un certificat à part entière avec à la clé un enseignement de 180 heures en partenariat avec l'"International center for education in islamic finance" (INCEIF), numéro un mondial dans ce domaine.
L'une des rares formations du genre en France fera intervenir des représentants de la banque centrale malaisienne, des spécialistes des places de Paris et de Londres, ou des intervenants de banques islamiques des pays du Golfe.Enseignée comme une matière optionnelle depuis deux ans à Reims Management School (RMS), la finance islamique passe à la vitesse supérieure.
On estime aujourd'hui que plus de 300 institutions financières islamiques opèrent dans 70 pays pour des avoirs de près de mille milliards de dollars. La croissance annuelle est de 12 à 15 %. C'est pourquoi tous les établissements bancaires, et bien sûr les français, s'intéressent à la question. Pour François Bonvallet, directeur de RMS, ne pas proposer de formation sur la finance et la banque islamique serait ne pas "répondre à l'une des missions de RMS qui est de permettre aux étudiants de bénéficier d'un enseignement qui corresponde à la demande du marché".
Pour autant, la création du certificat a fait l'objet d'un sérieux débat interne. "La finance islamique repose sur des principes éthiques qui eux-mêmes reposent sur la morale telle qu'elle est vue dans la loi islamique. Il faut aussi être vigilants à ce que cela ne téléscope pas les principes éthiques et moraux qui sont les nôtres. Ils sont basés sur la liberté d'action et de pensée, le respect d'absolument toutes les diversités."
La finance islamique a la particularité de refuser l'idée d'usure, d'intérêt. "L'emprunt n'existe pas sous sa forme conventionnelle. Il y a un contrat de participation entre le banquier et celui qui va contracter le financement. Il n'y pas d'intérêt mais un partage des profits et des pertes. Quand un individu finance par exemple un logement par la technique financière islamique, il le fait sous une forme qui peut être comparée à du leasing. La personne va payer des locations lesquelles serviront à racheter des parts de son logement", explique Ghassen Bouslama, enseignant à RMS. Autre principes spécifiques : seuls des biens tangibles et non financiers virtuels peuvent être financés, la spéculation est proscrite tout comme "l'incertitude". "Cela veut dire que l'on ne peut pas vendre une récolte avant qu'elle soit effective", explique Ghassen Bouslama.
Ces principes ont permis aux banques respectant les principes islamiques d'échapper à la récente crise financière même si des biens financés, notamment dans l'immobilier, ont pu souffrir de la crise cette fois économique comme on l'a vu à Dubaï.
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