A cette occasion, le Directeur général de l’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO)Dr Abdulaziz Othman Altwaijri, a prononcé une allocution à la séance d’ouverture de la conférence, tenue en présence du Président de la République du Sénégal, des membres du gouvernement, du Secrétaire général de l’Organisation de la Conférence islamique, et de nombreux responsables et d’éminentes personnalités scientifiques islamiques de différentes régions du monde.
Dans son allocution, le Directeur général a dit en substance : « Depuis plus d'un siècle, la vie culturelle et intellectuelle dans le monde islamique a été caractérisée par une lutte plus ou moins acharnée entre des écoles de pensée et des idéologies différentes, parfois même contradictoires. En fait, cette situation est due essentiellement à l’existence de deux référentiels: l’un islamique et l’autre occidental. Chacun de ces référentiels a ses adeptes et ses défenseurs qui avancent, à l’appui de leurs points de vue, des arguments différents, voire opposés. En même temps, d'autres ont œuvré à établir un équilibre et trouver un terrain d’entente entre les deux courants, parfois avec succès, parfois en vain. Ceci a conduit à la naissance de deux principaux courants, l’un s’accrochant avec ferveur au passé, l’autre considérant ce passé comme un carcan qu’il faut à tout prix briser ».
Et d’appeler les élites scientifiques, culturelles et intellectuelles dans le monde islamique à orienter leurs efforts pour trouver une formule médiane, consistant à établir le juste milieu entre les principes immuables de la religion et les exigences de l’époque. À cet égard, il convient de souligner, ajoute-t-il, que personne n’a le droit de bloquer une des sources essentielles de la législation islamique, après le Livre Saint et le Sunna du Prophète, qui est justement l’Ijtihad. De même, nul ne peut priver la Oumma de l'une de ses composantes vitales qui lui permet de contribuer activement à l'enrichissement de la civilisation humaine.
A cet égard, le Directeur général a affirmé que « les oulémas de la Oumma consentent des efforts louables pour rénover la culture islamique et concevoir de nouvelles approches intellectuelles. Dans ce contexte, et à la lumière des textes de droit musulman, force est de pratiquer une nouvelle forme d’ijtihad par rapport aux finalités de la charia et aux exigences de l’intérêt général. Le but de cette démarche est de répondre aux évolutions que connaît le monde islamique actuel et relever les défis auxquels il se trouve confronté sur les plans politique, social, culturel, éducatif, médiatique et environnemental ».
Dans la même veine, le Directeur général a évoqué « la conjoncture délicate que traverse le monde d’aujourd’hui, et qui nous oblige à relever ces défis avec réalisme et courage. A cet effet, le monde islamique a toujours accordé une place importante au dialogue car celui-ci nous permet de surmonter les conflits et de les résoudre avec des moyens pacifiques et civilisés ».
Et d’ajouter : « En tant que centre d’expertise, l’ISESCO, depuis sa création, a déployé des efforts soutenus, pour asseoir les bases d’un dialogue constructif entre le nord et le sud. Elle s’est ainsi jointe aux efforts internationaux visant à promouvoir le dialogue des cultures et l’alliance des civilisations, si bien qu’elle est devenue un interlocuteur incontournable à l’échelle internationale. L’ISESCO a, en effet, œuvré à faire du rapprochement des Madhahib islamiques l’une des questions fondamentales qu’il est nécessaire d’activer à travers des mécanismes de mise en œuvre appropriés. Car les ennemis de la Oumma islamique font tout pour la battre en brèche, semer la discorde et attiser les tensions où qu’elles soient. Ils ne se gardent pas de souffler sur les braises des confessionnalismes qui peuvent déboucher sur des actes graves allant jusqu’à l’excommunication, les insultes et les appels au meurtre. Toutes ces tentatives malintentionnées visent à disperser les efforts de la Oumma pour l’union et à la dévier des véritables questions que sont le développement durable, le progrès et la reconstruction d’une civilisation ».
Par ailleurs, Dr Altwaijri a expliqué que cette importante conférence qui fut précédée par une autre non moins importante sur les oulémas d’Afrique, tenue à Dakar à la fin de l’année dernière, doit s’éloigner des différends, parler d’une seule voix et mobiliser les énergies suffisantes pour réaliser un objectif suprême: remédier à la situation qui prévaut dans le monde islamique en particulier et contribuer à l’instauration d’un nouvel ordre islamique sur les plans éducatif, culturel, scientifique, environnemental, social, écologique et politique.
Et de clôturer cette conférence par ces propos : « à travers sa vocation universelle, l’islam a pour mission de s’intéresser au destin de l’humanité tout entière en incitant à réfléchir sur les questions qui la préoccupent et à trouver des solutions aux problèmes auxquels elle fait face. Aussi, cette conférence doit-elle s’intéresser au développement de l’Homme et contribuer à la diffusion des valeurs de justice dans le monde ».
Source: ISESCO