Robabeh Sadr, sœur de l'imam Moussa Sadr et directrice du centre culturel et caritatif "Imam Moussa Sadr" au Liban, dans un entretien avec l'Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), a déclaré que le commentaire de l'imam Moussa Sadr était un commentaire humain très différents des autres commentaires coraniques.
"Son commentaire accorde une attention spéciale au comportement moral et aux responsabilités des gens les uns vis-à-vis des autres. Par exemple dans le commentaire de la sourate Ma'oun, il explique que quelqu'un qui n'accorde pas d'attention aux problèmes des autres n'est pas un vrai musulman.
Dans le commentaire du verset 262 de la sourate Baghare, «الَّذِينَ یُنفِقُونَ أَمْوَالَهُمْ فِی سَبِيلِ اللّهِ...»
il explique aussi que l'aumône et l'entraide sont profitables à toute la société. Quand Moussa Sadr est venu au Liban, la situation des chiites était très mauvaise et ils n'avaient aucune influence sociale, le jour d'Ashura n'était pas férié et les chiites n'avaient aucun programme ce jour-là, ni à la radio. L'imam Moussa Sadr a réussi à faire du jour d'Ashura un jour de congé et à présenter un commentaire coranique à la radio tous les matins, pendant le mois de Ramadan. Ce commentaire a été rédigé sous le nom de « الدراسات للحياة».
Grâce à ses efforts, des relations se sont nouées entre les chiites et les adeptes des autres religions et Moussa Sadr a même été invité à parler dans l'église des Capucins au début du jeûne chrétien. Certains chrétiens ont choisi comme thèse, l'étude et la présentation du chiisme. Ses relations avec les gens étaient très intimes et très proches, dès son retour au Liban il a tenté de motiver le gouvernement et les gens pour qu'ils aident le sud du Liban qui se trouve aux frontières de la Palestine occupée. Il y créa des écoles, des dispensaires, des mosquées et des centres culturels qui étaient financés par les chiites de l'étranger, soit avec l'aide du gouvernement soit avec l'aide des habitants. Toutes ces activités ont été poursuivies après sa disparition comme les activités de résistance contre le régime sioniste.
Kadhafi l'a emprisonné sur l'ordre d'autres dirigeants comme le Shah d'Iran par exemple. Ses excellentes relations avec les musulmans des autres pays gênaient les gouvernements arabes, de même que ses projets d'aide à l'armée pour lutter contre le régime sioniste gênaient le gouvernement libanais. Les dictateurs de l'époque savaient que son assassinat au Liban provoquerait des troubles, ils ont donc décidé de le faire disparaitre lors d'un voyage en Lybie.
C'est sur une demande de Moussa Sadr que le Pape est intervenu pour faire libérer l'imam Khomeiny de Turquie. L'imam Khomeiny avait dit que si l'imam Moussa Sadr était au Liban il ne serait pas allé en France. Ses bagages ont été envoyés en Italie, son sac que j'ai eu l'occasion de voir, contenait de nombreuses lettres de l'imam Khomeiny car Moussa Sadr était chargé de la formation de groupes iraniens, et tous les dirigeants de la Révolution iranienne avaient subi un entrainement auprès de Moussa Sadr avec la permission de l'imam Khomeiny", a expliqué Robabeh Sadr.
810448