«Eviter la ghettoïsation.» Gad Freudenthal, l’un des professeurs en charge du nouveau module intitulé «Introduction aux cultures juive et musulmane» et proposé par la Faculté des lettres, sait de quoi il parle. Ancien chercheur en philoscience au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), il enseigne aujourd’hui la philosophie juive à l’UNIGE.
«L’idée est que les étudiants prennent ces cours afin qu’ils comprennent le lien entre les deux cultures. De fait, la philosophie juive est née au dixième siècle en terre d’islam», explique ce professeur né en 1944 dans une minuscule région du Proche-Orient. Faire connaître, donc, une vérité historique souvent ignorée, à savoir, les liens intimes partagés par ces deux cultures au cours des siècles, à Bagdad ou en Espagne, jusqu’à aujourd’hui.
Un projet politique? «Pas du tout. L’objectif est justement de montrer que la politique n’est pas tout», affirme Charles Genequand, professeur à l’Unité d’arabe et ancien recteur de l’Université. Il reste que le symbole est fort.
Un cours ne conditionne pas l’autre. «Il ne faut trop imposer aux gens, affirme Gad Freudenthal. Le module est pourtant nécessaire à la bonne compréhension du cours sur la philosophie juive», ajoute-t-il.
Un projet noble dont la complexité est reflétée par la difficulté de lui trouver un intitulé adéquat. «Nous n’avons pas trouvé de bon mot en ce qui concerne la «culture musulmane». Si nous avions adopté l’expression «culture arabe», cela aurait voulu dire «de langue arabe» et aurait exclu par exemple la culture perse. Par contre, si nous conservions uniquement le mot «musulman», cela aurait englobé les musulmans d’Europe et écarté les chrétiens d’Orient», explique le professeur de philosophie juive.
Dénomination compliquée pour une région qui l’est encore plus. Quoi qu’il en soit, ce module a le mérite de proposer une vision harmonieuse d’une problématique qui en manque cruellement.
Source: tdg