Les autorités ont envoyé des troupes et des véhicules blindés en renfort dans les villages chiites les plus importants situés autour de la capitale, Manama, afin d'empêcher les gens de se réunir et de répondre à l'appel du principal parti d'opposition chiite, Al-Wefaq.
L'État a toutefois menacé de traîner devant les tribunaux les organisateurs des manifestations de lundi qui ont donné lieu à des actes de violence. Cela pourrait annoncer une nouvelle ère de persécution pour l'Al-Wefaq, qui était toléré par le gouvernement jusqu'à ce qu'il prenne la direction du mouvement de contestation l'an dernier.
Au moins 40 personnes ont été tuées depuis le début de la révolte à Bahreïn. Le pays, qui accueille la 5e flotte de la marine américaine, a été la nation du golfe Persique le plus durement touchée par la vague de soulèvements populaires du printemps arabe.
La dynastie qui règne sur Bahreïn a promis de lancer des réformes pour mettre fin aux protestations, mais a refusé d'effectuer les changements importants exigés par les manifestants et l'Al-Wefaq. L'opposition demande notamment que la monarchie renonce à son droit de choisir le gouvernement, d'établir les principales politiques de l'État et de nommer la plupart des membres du Parlement.
Il faut souligner que les forces du régime bahreïni mènent depuis Lundi, une campagne d'arrestations dans un certain nombre de quartiers à Manama, pillant les maisons, notamment en volant tout ce qui est précieux et cher, cassant les meubles .
Pour sa part, la coalition de la révolution des jeunes du 14 Février à Bahreïn a déclaré dans un communiqué la fin de la première phase de l’opération du «martyr Abdoul Hamid Reza " et a appelé le public à se préparer pour la prochaine phase.
«Nous appelons le peuple dans son ensemble à se préparer à la date cruciale de l'heure zéro. Nous espérons que les masses populaires qui sont présentes à la place de la Perle d'attendre l'heure zéro."
Par ailleurs, au Caire, des militants politiques ont manifesté devant l'ambassade du Bahreïn, afin de commémorer cet événement et des représentants des médias égyptiens ainsi que des militants des droits de l’homme ont lancé des slogans soulignant leur solidarité et leur soutien aux manifestants à Bahreïn.
En Irak, un membre de la coalition de l'État de droit, Adnan al-Sarraj, a affirmé que « le peuple du Bahreïn a fait ses preuves malgré toute la censure médiatique et de l'oppression pratiquée contre lui ».
Au Yémen, le haut-cadre du Rassemblement commun, Nayef alQanass a exprimé sa solidarité avec le peuple du Bahreïn, qui résiste face aux politiques de répression pratiquées par le régime bahreïni et soutenue par l’occupation saoudienne.
Le roi de Bahreïn Hamad Ben Issa Al-Khalifa a assuré lundi qu'il n'y avait pas d'opposition organisée dans son pays(!) alors que les principaux partis de l’opposition se sont engagés à poursuivre leur mouvement de contestation pacifique en vue d’instaurer une monarchie constitutionnelle, accusant les autorités actuelles d’être « corrompues jusqu’à la moelle épinière».
''Dans un certain sens, il n'y a pas d'"opposition", à Bahreïn, car ce terme sous-entend un bloc uni autour de mêmes valeurs", lit-on, dans des extraits d'une interview accordée par le souverain au magazine allemand "Der Spiegel".
"Une telle expression n'est pas dans notre constitution. Nous avons seulement des gens avec des vues différentes et c'est bien comme ça", a ajouté le monarque.
Le mouvement de contestation soutenu par la majorité de la population réclame une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe dirigé par une la dynastie des Khalife depuis plus de deux siècles.
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