Selon l’Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), les troupes yougoslaves, aux mains d’officiers serbes, ont encerclé Sarajevo pendant 44 mois. 1330 jours de siège et de pilonnages qui ont fait 11541 morts; 11541, c’est le nombre de chaises vides installées ce vendredi sur la principale artère de la capitale bosniaque, l’avenue du Maréchal Tito, afin d’honorer la mémoire des victimes.
Cet anniversaire coïncide avec celui de la reconnaissance de l'indépendance de cette ex-république yougoslave par la communauté européenne, rejetée par les Serbes, mais également avec le début du siège de Sarajevo, le plus long de l'histoire de la guerre moderne.
A la mémoire de ces derniers, vendredi, sur l'avenue du maréchal Tito, principale artère du centre-ville, 11541 chaises rouges ont été installées en 825 rangées sur quelque 800 mètres de long.
Symbolisant les personnes tuées pendant le siège, elles sont restées vides, encadrées par des milliers de Sarajéviens pendant un concert symbolique qui a eu lieu dans l'après-midi. «Pourquoi n'es-tu pas ici?», a chanté une chorale accompagnée d'un petit orchestre symphonique.
«La ligne rouge de Sarajevo est la ligne de sang qui a parcouru les rues de Sarajevo du 6 avril 1992 à 1995», a pour sa part déclaré le maire de la ville, Alija Behmen. Sur certaines rangées, des chaises de taille plus petite symbolisaient les enfants. Ca et là étaient posés un ours en peluche, des babioles, voire des cahiers d'école ou des fleurs.
«J'imagine tous ceux qui ont été tués assis sur ces chaises et mon cœur se brise en pensant à leurs familles et à l'horreur de ce siège», a confié une retraitée, Hazima Hadzovic.
Tout au long du boulevard, les noms des victimes se sont affichés par ordre alphabétique sur plusieurs écrans géants. «Je n'oublierai jamais les bombardements incessants, les tireurs embusqués et les gens qui mouraient en faisant la queue pour s'approvisionner en eau ou en pain», s'est souvenu Fuad Novalija, orfèvre dans la vieille ville.
La fin du conflit en Bosnie a été marquée par le massacre de Srebrenica, qualifié de génocide par la justice internationale. Environ 8000 Musulmans y ont été tués en juillet 1995 par les forces serbes.
Quatre mois plus tard, l'accord de paix de Dayton, aux Etats- Unis, a été conclu sous la pression internationale. Il a mis un terme à la guerre mais a consacré la division de la Bosnie en deux entités, l'une serbe et l'autre croato-musulmane, chacune avec un haut degré d'autonomie et unies par de faibles institutions centrales.
Aujourd'hui, les principaux protagonistes de la guerre sont soit détenus ou jugés pour crimes de guerre par la justice internationale, soit morts. Les dirigeants politique et militaire des Serbes de Bosnie pendant le conflit, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, inculpés de génocide, ont été arrêtés après des années de cavale et traduits devant le Tribunal pénal international pour l'ex- Yougoslavie.
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