Un nouveau procès pour des opposants chiites de Bahreïn

14:01 - May 01, 2012
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Manama(IQNA)- La justice de Bahreïn a ordonné lundi un nouveau procès dans l'affaire d'opposants, dont le chiite Abdel Hadi al-Khawaja, condamné à perpétuité et en grève de la faim.
Selon l’Agence Internationale de Presse Coranique(IQNQ) citant AlQods Al Arabie, la justice de Bahreïn a ordonné lundi un nouveau procès pour rejuger plusieurs opposants, dont le chiite Abdel Hadi al-Khawaja condamné à perpétuité et en grève de la faim, une décision accueillie avec scepticisme par les avocats de la défense.
"La Cour de cassation a accepté les recours et ordonné un procès devant la cour d'appel", a déclaré Mohamed al-Jichy, avocat de M. Khawaja, à l'issue d'une brève audience de la haute juridiction.
"On espérait une annulation pure et simple du verdict mais il s'agit d'une décision qui va nous donner l'occasion de défendre nos clients", a-t-il dit.
Selon un autre avocat, Mohamed al-Tajer, M. Khawaja et les autres opposants resteront en prison jusqu'au nouveau procès dont la date doit être fixée par le Conseil suprême de la magistrature.
Le procureur général a confirmé, dans un communiqué, que les opposants resteront en prison et indiqué que la loi interdit à la cour d'appel d'aggraver les peines mais lui permet de les diminuer ou de prononcer un acquittement.
Sa fille Maryam a qualifié de "farce" judicaire le renvoi du procès. "Tout ce qu'ils font c'est essayer d'alléger la pression internationale", a-t-elle déclaré à l'AFP à Beyrouth.
Le principal groupe de l'opposition chiite, Al-Wefaq, a appelé à la libération des membres du groupe, "des prisonniers politiques (...), qui ont expliqué à la Cour aujourd'hui avoir été torturés et battus en détention pour faire des aveux".
Bahreïn "a besoin d'une solution politique" à la crise actuelle, a ajouté le Wefaq dans un communiqué.
En juin 2011, un tribunal d'exception avait condamné M. Khawaja et vingt autres opposants, dont sept jugés par contumace, pour avoir fomenté un complot contre le régime. Sept ont été condamnés à la perpétuité et les autres à des peines allant de deux à 15 ans de prison.
Le procès s'était déroulé pendant l'état d'urgence proclamé de mars à juin 2011 au Bahreïn, dans la foulée de la répression d'un mois de protestations populaires animées par des chiites, majoritaires dans ce royaume dirigé par une dynastie sunnite.
L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch, basée à New York, a critiqué lundi le système judiciaire de Bahreïn et appelé à la libération immédiate de M. Khawaja et d'autres opposants.
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