Qui craint le succès de la mission de l’ONU en Syrie ?

10:40 - May 02, 2012
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Beyrouth(IQNA)- Le quotidien libanais Al Akhbar a examiné dans un article les positions des parties qui s’opposent à la réussite de la mission de l’ONU en Syrie et les raisons pour lesquelles, elles cherchent à la mettre en échec.
Al Akhbar a écrit : « On entend différentes voix sur l’échec absolu de la mission de l’ONU en Syrie. Par exemple un théoricien américain parle de « l’impasse au début du chemin » alors que la Maison Blanche et Ban Ki-moon, faisant allusion au gouvernement syrien, parle de l’échec dans la mise en lumière de la réalité.
Un jour après la signature du protocole de la mission, le premier ministre français Alain Juppé met en garde la communauté internationale pour la préparer à l’échec éventuel des efforts de paix. Le même jour, son homologue américaine, Hilary Clinton parle de la nécessité d’examiner le point sept de la charte des Nations-Unies, point qui permet l’intervention militaire pour appliquer les résolutions de l’ONU. Dans le même temps, les Frères Musulmans syriens se disent consternés par les « inutilité » de cette mission.
« Inutilité » est un terme familier. Si vous jetez un coup d’œil sur les débats autour de la mission d’observateurs de la Ligue Arabe, vous verrez les mêmes mots. Justement c’étaient le Qatar et l’Arabie Saoudite qui essayaient d’envoyer une mission d’observateurs de la Ligue Arabe et la Syrie a donné son accord. Dès le moment où la mission s’est rendue dans le foyer des combats et qu’elle devait rapporter ses constatations, les deux pays ont commencé leurs critiques envers la mission.
Ensuite ils ont proposé l’envoi d’une mission d’observateurs internationaux par l’ONU. Dans des conditions où le gouvernement syrien a donné son accord à l’envoi d’observateurs de l’ONU, les débats négatifs tournent cette fois autour de l’inutilité des activités de cette mission.
La question est de savoir pourquoi ces pays, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, le Qatar, la Turquie et l’Arabie Saoudite essaient activement d’entraver les travaux de la mission de l’ONU ?
Premièrement, le succès de la mission de l’ONU signifie la démilitarisation du conflit en Syrie par le désarmement des groupes qui s’opposent au gouvernement syrien. Ce qui fait état de la fin des efforts visant à changer le gouvernement en Syrie et la fin des espoirs pour prendre en main le contrôle de la situation politique.
En second lieu, le succès de la mission de l’ONU met fin à une grande partie des plans des pays membres du Conseil de la Coopération du Golfe Persique et de l’OTAN. L’Intifada arabe qui était considéré un jour comme une menace pour les dictateurs soutenus par l’Occident, après la fin de la crise en Syrie, reprendra son cours. Les révolutions au Bahreïn, au Yémen, en Egypte et en Libye se poursuivent toujours. Sans la crise en Syrie, l’équilibre géopolitique au Moyen Orient sera au détriment des intérêts de l’Occident et de ses alliés dans la région.
Troisièmement, le succès de la mission de l’ONU apportera des réponses à certaines questions très importantes sur les événements à l’intérieur de la Syrie : Qui tue qui ? Qui se trouve à l’origine des violences ? Combien de personnes ont été arrêtées par le gouvernement syrien ? Ces informations vitales sont dissimulées en raison de la guerre de propagande en cours par les partis bénéficiaires dans les deux camps.
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