Bahreïn: manifestations dans les villages chiites pour le droit au travail

14:34 - May 02, 2012
Code de l'info: 2316972
Manama(IQNA)- Des centaines de Bahreïnis ont manifesté mardi dans les villages chiites pour réclamer leur réintégration dans leurs emplois, après avoir été licenciés pendant le soulèvement de février-mars 2011.
Les défilés, à l'occasion du 1er mai, ont eu lieu dans 15 localités à l'appel des Jeunes du 14-Février, qui ont notamment animé les manifestations contre le Grand Prix de F1 le mois dernier à Bahreïn, petit royaume du Golfe persique dirigé par une dynastie sunnite.
Selon une commission d'enquête indépendante, les autorités et le secteur privé ont licencié pendant les manifestations de l'année dernière plusieurs centaines d'ouvriers et d'employés chiites.
Réintégrer nos emplois est un droit, pouvait-on lire sur des banderoles lors des manifestations, ont rapporté des témoins.
Des slogans hostiles au recrutement par la police de ressortissants étrangers ont également été lancés pendant ces marches, dispersées par les forces de sécurité, selon les mêmes témoins.
A Manama, les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes et de bombes assourdissantes pour disperser une manifestation à laquelle participaient des dirigeants de l'opposition et des dizaines de leurs partisans, ont indiqué des habitants.
Le peuple veut la chute du régime ou Khalifa, dégage, criait la foule en référence au Premier ministre Khalifa ben Salmane Al-Khalifa, en poste depuis 40 ans, a-t-on ajouté.
De mêmes sources, on a fait état d'arrestations parmi les participants à la manifestation, non autorisée par les ministère de l'Intérieur qui a indiqué, dans un communiqué avoir averti les protestataires avant de donner l'ordre de les disperser.
D'après les syndicats, 455 licenciés du secteur privé et 116 du secteur public n'ont toujours pas été réintégrés, mais le ministère du Travail parle de seulement quelques dizaines.
En novembre, le rapport de la commission d'enquête avait dénoncé un usage excessif et injustifié de la force face à la révolte et fait état de 35 morts durant la répression, dont cinq sous la torture. Amnesty International estime pour sa part que 60 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement.
Le mouvement de contestation réclame une vraie monarchie constitutionnelle, avec un Premier ministre issu de la majorité parlementaire, dans un pays à majorité chiite.
Source: Romandie
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